L’art de l’ivoire illustre de manière privilégiée les relations entre l’homme et le monde animal qui l’entoure. Les chasseurs paléolithiques en ont tiré des armes, des outils, de très beaux objets de parure. En Egypte, au proche Orient ancien, en Grèce comme à Rome, ils ont servi à faire des oeuvres destinées aux élites ; leur décor illustre les idéologies, l’affirmation du pouvoir royal, la dévotion religieuse. Fortement ancrés dans cette tradition, l’Occident, du Bas-empire romain au XXe siècle, le monde de l’Islam, ont également magnifié la beauté de cette matière. Il en est de même pour les autres civilisations des cinq continents.
Ce n’est pas souvent que le même mot désigne le matériau et l’art qui s’y consacre, tant ils se confondent. Au-delà du plaisir spontané offert par leur couleur et leur poli, de leurs teintes qui vont des jaunes pâles aux gris en passant par le blanc et le rosé, les ivoires présentés par le Musée du Louvre méritent l’effort d’entrer dans la richesse des détails de leur forme et de leur ornementation.
L'exposition au Musée du Louvre, très pédagogique sans l’être trop, est organisée selon un principe chronologique qui n’oublie pas d’examiner le large éventail des matériaux dont sont tirés les ivoires. Ces derniers se révèlent appartenir à plusieurs espèces : l’ivoire noble par excellence est celui de l’éléphant, apprécié tant pour la blancheur de son matériau que pour la finesse de son grain et les grandes dimensions des blocs utilisables. Mais l’on trouve utilise aussi l’ivoire d’hippopotame, de sanglier, de cachalot, de morse, de narval, de dugong et bien sûr de mammouth, l’animal d’origine variant selon le lieu et l’époque. On mesure alors l’ingéniosité des ivoirirers qui s’emploient à tirer le meilleur parti d’un volume parfois réduit, devant composer avec les cavités ou les pulpes contenues par ces cornes ou ces dents, devant resculpter des ivoires déjà utilisés quand la matière vient à manquer ou que l’on veut réinvestir une pièce pour se l’approprier comme c’est par exemple le cas des diptyques du bas-Empire réutilisés au haut Moyen Age pour couvrir et ornementer de la plus belle manière qui soit des manuscrits enluminés.
Il est surprenant de voir jaillir, dès l’antiquité, des formes qui parviennent à donner l’illusion de la ronde bosse. Les ivoiriers empruntent un grand nombre de techniques et de gestes aux orfèvres et partagent en grande partie les mêmes outils :jeu de gouges, écouanes, trépans, limes, râpes, grattoirs et burins de plus en plus fins participent à la sculpture du matériau qui est souvent ensuite poli avec de la peau de poisson, parfois enduit d’huile puis peint. C’est ainsi que les ivoiriers dégagent un volume important et retrouvent de la profondeur sur des plaquettes d’ivoire parfois très minces (cf.ci-contre l’ivoire de la rencontre d’Abner et de Joab datant du IXe siècle carolingien). C’est merveille quand on sait à quel point l’ivoire est un matériau fragile et qu’un simple geste maladroit peut fendiller une grande partie de l’œuvre qui a été sculptée...
L’on ressort charmé de cette petite exposition qui regorge de trésors dont la patine ou l’évolution des couleurs nous disent qu’ils vivent encore. Trésors d’art religieux ou d’art profane, les ivoires sont des merveilles de finesse de tous les temps et de toutes les civilisations, de magnifiques supports de l’expression artistique universelle au caractère migrateur.
Comment rendre compte de la diversité d’un peintre qui, insaisissable, n’est jamais tout à fait le même ? Alors que le peintre installé à Nice puis dans la capitale peint des toiles figuratives, il se tourne vers l’abstraction à partir de 1941, à la suite de sa rencontre avec Alberto Magnelli et Henri Goetz, deux peintres eux-aussi exilés. Les formes s’entrelacent et l’artiste travaille avant tout sur les contrastes de luminosité avant de se jeter vers une peinture beaucoup plus sombre et lourde comme en témoignera l’angoissante toile considérée comme le chef d’oeuvre de cette période, intitulée
Sont-ce les nuages qui lui donnèrent envie de peindre les paysages lumineux de l’Ile de France, de Normandie ou de Provence célébrés par l’exposition ? Jamais on aura peint le ciel de manière aussi épaisse et pourtant lumineuse. Que les oeuvres soient sur grand ou sur petit format, cette série est sans doute celle qui nous aide à mieux comprendre l’artiste dévoré par la couleur et la lumière du plein-air,de même que son travail sur les footballeurs auxquels une salle entière est consacrée : en mars 1952, le peintre ravi d’un match France-Suède décide de se lancer dans la réalisation d’un très grand Parc des Princes. Une vingtaine de petites études préparatoires absolument sublimes cherche à saisir avant la réalisation du projet le mouvement des masses musculaires tourbillonnantes et les couleurs vives des maillots des joueurs éclairés par les projecteurs. Comme pour ses paysages, Nicolas de Staël peint abstrait tout en retournant au motif ce qui fera sa célébrité. Sa peinture devra traduire l’éblouissement d’un instant, le mouvement dans la forme qui dans les Indes galantes force aujourd’hui notre admiration.
Un énième ouvrage sur le Louvre, pourrait-on penser. Pourtant celui-ci, fruit de la collaboration des éditions de La Martinière et du musée, recèle certains atours, certaines caractéristiques qui en font une petite référence. L’accent est mis sur les oeuvres, quelque 500 toiles, sculptures, dessins et autres objets de culte sont ici répertoriés, classés en fonction des domaines couverts par le musée : peintures française et italienne, antiquités grecques, arts graphiques... On nous promet une visite dans les allées du Louvre, et c’est une véritable balade en images qui s’offre ici.