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  • avis sur le livre : De sang-froid – Truman Capote

    de-sang-frois-truman.JPGDe sang-froid, selon les dires de certains analystes littéraires, serait l’œuvre ultime de Capote à cause, notamment, du travail qu’il s’est acharné à produire pendant six ans pour écrire cette masterpiece.

    L’objectif de Capote, à partir des années 50, est d’écrire un non-roman – « nonfiction novel ». De sang-froid est ce livre. En 1959, Capote tombe sur un article d’un journal relatant le quadruple assassinat d’une famille de fermiers au Kansas et décide d’en faire son histoire. Cinq années de recherche suivirent, pendant lesquelles Capote devint très proche des deux meurtriers. Il parla aux habitants de la bourgade de Holcomb, où s’est déroulé le drame, il suivit l’enquête policière et le procès des jeunes hommes jusqu’à leur exécution par pendaison en 1965.

    En 1959, donc, quatre des six membres de la famille Clutter – le père, la mère et deux de leurs enfants – sont sauvagement assassinés chez eux. Dès le début de l’histoire, le lecteur connait le nom des deux meurtriers, Richard Eugene Hickock – « Dick » – et Perry Edward Smith. On assiste alors à deux histoires en parallèle : celle des jeunes hommes qui partent un temps au Mexique, et celle de la police du comté, qui enquête sur l’affaire. Les histoires vont bien évidemment se rejoindre lorsque les assassins seront appréhendés à Las Vegas.

    Selon Capote, chaque mot du livre est vrai. Il n’apparait jamais dans le livre car il croyait que la clé du journalisme était de rendre l’auteur invisible. Et cela fonctionne parfaitement bien ainsi. Le livre est un bijou de journalisme. Il dissèque les faits avec une précision incroyable et n’omet pas un seul point qui pourrait laisser le lecteur dans l’incompréhension. De la description de la scène de crime, en passant par le voyage des deux meurtriers avant leur arrestation et par l’enquête policière, tout est raconté de manière concise. Aucun détail n’est superflu.

    Là où Capote a également excellé, c’est dans la profondeur qu’il a donnée aux personnages sans jamais tomber dans l’émotion. Le lecteur aurait presque la gorge nouée à la fin, tant il a pitié des meurtriers par le seul fait de leur passé douloureux, qui devait forcément les conduire dans la mauvaise direction.

    Le livre est un cinglant portrait de cette Amérique des années 60, où la peine de mort était (et est toujours d’ailleurs, dans certains États) la solution aux horreurs commises et où le milieu dans lequel on naissait était celui dans lequel on mourrait.

    C’est un très grand (non)roman, que je conseille à tous tant le travail de recherche, d’analyse et d’écriture de l’écrivain est parfait. On dit de Capote qu’il s’est usé à écrire ce livre. Oui mais, quel livre !