05.05.2009
Anne Shirley, une amie pour la vie!

C'est assez bizarre la façon dont on peut s'attacher à des personnages de fiction. Le premier personnage avec lequel je me sentie proche et pour laquelle j'ai une véritable amitié, c'est pour une petite fille espiégle aux cheveux roux, la seule et unique Anne avec un E, de la maison aux pignons verts. Née de l'imagination de Lucy Maud Montgomery, la série des Anne comporte huit livres:
1 Anne la maison aux pignons verts (Anne of Green Gables)
2 Anne d'Avonlea (Anne of Avonlea)
3 Anne quitte son île (Anne of the Island)
4 Anne au domaine des peupliers (Anne of Windy Willows)
5 Anne dans sa maison de rêve (Anne's house of dream)
6 Anne d'Ingleside (Anne of Ingleside)
7 La vallée arc-en-ciel (Rainbow valley)
8 Anne Rilla d'Ingleside (Rilla of Ingleside)
A Avonlea, Matthew et sa soeur, Marilla Cuthbert, sentant l'âge pesé, décident d'adopter un petit garçon, qui les aidera à la ferme. Mais, Matthew découvre, surpris, une petite fille rousse qui l'attend à la gare. Ne sachant pas trop quoi penser, il la raméne. Sur le trajet, à sa grande surprise, il s'attache à cette petite fille fantasque, espiégle et qui n'a pas sa langue dans sa poche. Anne Shirley trouve une famille auprés de Marilla et Matthew et découvre son nouveau foyer, la maison aux pignons verts sur l'Île du Prince Edouard. (rien que le nom est magnifique) Elle rencontre son amie de coeur, à laquelle elle rêvait tant sous les traits de Diana et fait la connaissance de Gilbert Blyte, un jeune garçon qui aime beaucoup la taquiner...

Anne est gaie, espiègle, inventive et tellement peu conventionnelle. L'imagination et l'émerveillement d'Anne sont tellement touchants et sincéres. Que dire de sa relation avec Gilbert qui évolue à travers les tomes? J'ai adoré le moment où elle casse son ardoise sur la tête de Gilbert quant il l'appelle carotte ou le moment où il lui laisse sa place d'enseignant à Avonlea... Je trouve ce livre léger en apparence et profond à la fois: on retrouve dans les jeunes années d'Anne le vrai goût de l'enfance. Peut-être est-ce du au fait que j'ai grandit avec elle...
Anne est si facile à aimer, même (surtout) quand elle se comporte mal. J'ai aimé revoir ses diverses frasques: ses crises de colère déchaînées sur Rachel Lynde ; Diana ivre qui saute sur la tante Joséphine, et Anne échappant à la noyade lors de la lecture de Lady Elaine. J'ai aussi été très ému par les interactions d'Anne avec Matthew et Marilla. Mais j'ai été aussi surprise par le calme et la douceur poignante d'Anne avec Marilla. La lecture de ce livre, adulte m'a fait prendre conscience du fait que Anne sauvait Marilla et Matthew autant qu'ils l'ont sauvée.

Celui que j'aime le plus après Anne, c'est incontestablement Matthew, pour sa gaucherie, sa maladresse, sa timidité maladive et son amour immense pour cette gamine qui l'a conquis en un clin d'oeil, par pur hasard, lui qui a tant peur de la gente féminine. J'aime la façon qu'il a de prendre soin d'elle de loin. Marilla me touche aussi. Elle est aussi maladroite que son frère finalement, avec son incapacité à exprimer ses sentiments, à laisser parler son coeur ouvertement.
Dans la suite de ses aventures, bien que plus âgée, Anne conserve toute sa fraîcheur, sa joie de vivre et son humour. De plus, ses enfants, que l'on apprend à connaître, sont tout aussi intéressants qu'elle. Je me suis attachée à ses enfants, même si je garde une préference pour Walter. Je ne vous en dis pas plus pour ceux qui n'ont pas encore découvert les livres.

L'écriture est magnifique, les personnages sont riches et divertissants, et les descriptions de l'ïle sont à couper le souffle. On a plus qu'une idée en tête: passer ses vacances sur l'Ile du Prince Edouard et de voir le « blanc chemin des merveilles » qui mène à la maison aux pignons verts ou la maison de Diana « aux lacs des eaux étincelantes » .
Mark Twain a déclaré qu'il n'avait jamais rencontré une enfant aussi délicieuce que l'héroïne; Anne Shirley. Morceaux choisis:
" Mais le pire lorsque l'on imagine des choses, c'est qu'il arrive un temps ou l'on doit s'arrêter et ça fait mal"
« Tous les matins sont intéressants, vous ne pensez pas ? On ne sait pas encore ce qui va se passer dans la journée, et on peut imaginer tant de choses. "
« Vous savez, les filles, j’ai parfois l’impression que ces examens constituent la chose la plus importante du monde, mais, quand je regarde les bourgeons qui poussent sur ces marronniers, et la brume bleue qui s’effiloche au bout de la rue, ils me semblent perdre la moitié de leur importance. »
« Oh, Marilla, espérer quelque chose, c’est déjà ressentir la moitié du plaisir que cette chose vous procurera », s’exclama Anne. «Il se peut qu’elle ne se produise pas, mais il vous restera toujours le plaisir de l’avoir espérée. Mme Lynde dit « Bienheureux ceux qui ne s’attendent à rien, car ils ne seront pas déçus ». Mais je pense moi, qu’il est pire de ne s’attendre à rien que d’être déçu »

J'éspere vous avoir donner envie de faire connaissance avec Anne! Pour ma part, je pense faire bientôt connaissance avec une autre héroïne de Montgomery: Émilie de la Nouvelle-Lune.
11:06 Publié dans Littérature canadienne, Livres favoris | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : littérature, romance, adaptation, anne shirley
09.03.2009
Anna Karenine de Leon Tolstoï
A mes seize ans, ma mére m'a offert ce livre et ca a été un vrai coup de foudre littéraire. Anna Karénine est un livre qui pourrait être comparé à une belle mosaïque d'histoires interdépendantes. Ce récit a été inspiré par un fait divers: Le suicide d'un femme abandonnée par son amant qui était le voisin et connaissance de Tolstoi. Elle a fini par se jeter sous un train. Tolstoi a vu son corps déchiqueté et c'est de cette image qu'est née le destin d'Anna. Nous faisons la connaissance de personnages qui semblent parfois si vrai que nous ne pouvons pas les aider, mais vivre avec eux les évenements qui y sont relatés.
Qui sont les personnages principaux? Anna Karénine, la femme qui donne à ce livre son titre, est une personne qui a trouvé une certaine satisfaction dans un mariage avec un mari qu'elle n'aime pas. Sa vie n'est pas excitante, mais elle est confortable, et elle a un fils qui est tout pour elle. Son monde est ébranlé quand un noble, le comte Vronski, tombe amoureux d'elle. Ils deviennent amants. Mais Anna va vite comprendre qu'elle risque de perdre beaucoup, jusqu'à son fils.
Il y a encore beaucoup de personnages, mais je voudrais souligner l'un d'eux: Levin. Levin est un fermier plutôt excentrique, qui s'interroge beaucoup sur le sens de la vie, et permet au lecteur de partager avec lui le genre de doutes que beaucoup ont connu. Il finit par trouver le bonheur, mais son chemin sera semé d'embuches, surtout parce qu'il est enclin à réfléchir sur des questions qui lui cause beaucoup d'angoisse. Le personnage de Lévine est, à mon avis le personnage le plus proche de Tolstoï, et c'est d'ailleurs lui qui introduit le plus de sujets "de société", visiblement chers à l'auteur: la vie de la noblesse russe, les bals, la cour, l'éducation des enfants, les conventions sociales, le mariage... toute la vie à la campagne, des descriptions sublimes des travaux des champs , de la chasse, des progrès agricoles, les fonctionnements politiques, les prémices du socialisme...

Son histoire est liée au début de l'ouvrage à celle de Anna et de Vronski. En effet, la femme qu'il aime, Kitty Shcherbatskaya pense être amoureuse de Vronski. L'histoire avançant, on ne peut s'empêcher de comparer les couples, Anna et Vronsky et Levine et Kitty. L'un mêle drame et passion, l'autre, le calme et le contentement. Anna et Vronsky ont une vie de luxe, de sorties et de plaisirs, Lévine et Kitty vont s'établir à la campagne et mener une vie stable, faite de labeur, et en contact permanent avec la nature. Lequel est le meilleur?. Et pour qui?.
Je tiens à souligner la façon dont Tolstoï décrit la société russe du XIX siècle, en particulier les différences entre les classes sociales et combien l'hypocrisie imprégne les codes moraux d'une société polisée. On y retrouve plusieurs thèmes qui sont récurrents à d'autres classiques. L'un d'eux est le destin, et d'autres sont à l'omniprésence de la mort, le sens de la vie, et la puissance de la foi.
On peut aimer ou détester, mais il sera nécessairement vous faire réfléchir sur plusieurs sujets importants. Une lecture incroyable et une histoire d'amour que je trouve des plus magnifiques.
09:10 Publié dans Littérature russe, Livres favoris | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : littérature, romance, adaptation, russie
26.02.2009
Le temps n'est rien d'Audrey Niffenegger.
Ce livre , découverte de cet été, est devenu l'un de mes livres favoris! Je l'ai donc relu avec plaisir pour préparer ce billet.

Voici ce qu'on peut lire sur la 4ème de couverture:
Nous avons tous déjà eu cette impression d'avoir rencontré une personne quelque part avant, ou de l'avoir connue dans une autre vie...Et si c'était dans un autre temps? Quand Henry, bibliothécaire, voit arriver Claire, une artiste séduisante, il ne peut croire à l'incroyable: ils se connaissent depuis des décennies, même s'il ne s'en souvient pas. Car Henry est atteint d'une maladie qui le propulse dans le temps. Il a rencontré Claire alors qu'elle était enfant et va sans cesse partir et revenir à des époques de leurs vies respectives...
L'histoire folle et romanesque d'un amour absolu et éternel.
Très sincèrement, à ma premiére lecture, je ne m'attendais pas à une aussi belle histoire, à une telle finesse.
Cette histoire de voyage dans le temps n'est en fait qu'une excuse, qui permet à l'auteur de se livrer avec beaucoup d'intelligence, à l'exploration de plusieurs thèmes.
Ainsi, elle explore la force de l'amour, elle disséque les évolutions majeures de nos sociétés occidentales (jusqu'à l'avènement du terrorisme), elle sonde les tréfonds de l'âme d'un homme face à lui même.
Je l'aime. II représente tout pour moi. Je l'ai attendu toute ma vie et à présent il est là. (J'ai du mal à m'expliquer.) Avec lui je peux contempler mon existence dans sa totalité, comme une carte, passé et futur réunis, comme un ange... [..] Tout est déjà arrivé. Tout en même temps.
Mais surtout, on aura rarement vu une intrigue aussi maîtrisée. Entre rebondissements spectaculaires et twists incroyables, le suspense et la tension sont constants, et tout cela reste d'une crédibilité à toute épreuve. Malgré les quelques longueurs, certains passages vous laisseront pantois d'admiration devant tant d'ingéniosité. Même à ma relecture, j'ai eu du mal àreposer ce livre.
Entre amour, humour, action, fantastique et drame, ce livre est une petite perle!
Il arrive qu'un roman vous surprenne, vous réserve des plaisirs insoupçonnés, et vous envoûte, comme si son univers de papier vous happait tout entier. Le temps n'est rien produit cet effet-là. Elle (USA) : " Préparez-vous à être époustouflés : Le temps n'est rien a l'étoffe des grandes histoires d'amour qui ont marqué la littérature. " The New Yorker : " Audrey Niffenegger joue avec finesse dans sa galerie de miroirs temporels. " Publishers Weekly : " Niffenegger a créé une histoire d'amour absolue, éclairée par des dizaines de scènes finement observées. Ce livre a la saveur des richesses et des mystères de la vie. " The London Times : " Décalé, sexy, incroyable ! " The Washington Post : " Une grâce et une imagination inouïes... " Der Spiegel : " Le temps n'est rien parle de la magie des amours, de la nostalgie et de l'attente ".
Une adaptation est attendue. La date de sortie n'est pas arrétée mais j'ai hâte de la voir. En attendant, voici les 1ères photos promotionnelles du film qui réunira donc Eric Bana et Rachel Mc Adams:

14:38 Publié dans Littérature américaine, Livres favoris | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : littérature, romance, adaptation
13.02.2009
Quatre soeurs de Malika Ferdjoukh
ATTENTION LONGUE NOTE!
Chaque livre ( il y a quatre tomes) se concentre sur l'une des quatre sœurs et une saison. Les filles sont toutes très différentes les une des autres, mais fortement liés entre elles et leur désir d'être heureuses en dépit de leurs difficultés financiéres et de la perte de leurs parents dans un accident de voiture deux ans auparavant. Chaque sœur a son propre jardin secret, jalousement gardé - l'une pratique les arts martiaux tout en prétendant faire du baby sitting. Nous suivons les cinq soeurs d'un livre à l'autre, avec l'évolution des perspectives ce qui rend la lecture de la série très excitante. Des nouveaux personnages sont mis en place dans chaque titre, la fille d'un ami lors des vacances scolaires dans le premièr, un séjour de convalescence dans une maison voisine dans le second, d'un pensionnaire dans le troisième ... Ferdjoukh mêle avec succès des questions graves comme la mort de ses parents et les difficultés matérielles avec des thèmes plus légers tels que les amis, les premières amours, le mensonge et la tromperie.
Le premier livre est centré sur Enid et a lieu en automne. Enid, neuf ans, est la plus jeune des cinq. Ses meilleurs amis sont deux chats qui dorment secrètement avec elle, la chauve-souris Swift et Blitz l'écureuil qui vivent dans le sycomore du jardin et Gulliver, un ami de classe un peu bizarre. Quand une tempête déracine le Sycomore qui s'éffrondre sur le puits, les deux enfants tombent sur un effrayant et sombre tunnel qui révéle le secret du fantôme qui apparaît la nuit. Ferdjoukh a une écriture pleine d'humour, de poésie et de malice.
Le second titre est Hortense et a lieu en hiver. Timide Hortense, 11ans , se lie d'amitié avec une jeune fille très malade, Muguette, en convalescence dans la maison d'un voisin. Muguette permet à Hortense de réaliser son rêve d'agir en la poussant à participer à son premier cours de théâtre. Dans le même temps, Bettina, 14 ans, une adolescente typique, combat son premier béguin pour un garçon trop moche pour ses amis. Cette expérience va lui apprendre qu'on peut blesser et être blessé.

Jusqu'au troisiéme tome, je percevais Bettina comme une personne frivole et j'avais une petite appréhension pour ce tome ci. Sans fondement, il est à la hauteur des deux autres. Ce tome nous conduit dans un dégel printanier plein d'événements inattendus: Charlie, l'aîné, se met à porter des robes sexy dans un effort pour séduire le magnifique nouveau locataire Tancrède, qui chante et danse comme personne. Sera-ce la fin de Basile, son médecin et amoureux?
Le dernier: C'est l'été et Villa Hervé est vide. Hortense et Enid ont été invités à Paris pour les vacances par leurs cousins Désirée et Harry. L'appartement ne dispose que d'une chambre à coucher, mais Paris devient vite un immense terrain de jeu ...
Geneviève, d'autre part, a décidé de trouver un emploi pour les vacances, la vente de crème glacée à la plage. Elle rencontre rapidement Vigo, un étrange garçon ...
Ferdjoukh n'est jamais condescendante soit avec ses personnages ou avec ses lecteurs. Elle laisse la place à la pensée. Elle a une belle plume pour le dialogue et on ne peut s'ennuyer avec ses romans. Chaque personnage est crédible et sympathique, même Bettina, et il y a une atmosphère qui me rappelle les Quatre filles du Docteur March.
Le premier tome reste mon favori car il est plein de poésie. L'auteur mêle avec brio vie quotidienne et enchantement. En effet, chaque fille continue de voir et de parler avec leurs parents disparus. J'ai beaucoup aimé cette touche de fantaisie. Cette série mériterait vraiment d'être adaptée en série télévisée. C'est frais, pétillant et plein d'humour!
15:03 Publié dans Littérature de jeunesse, Livres favoris | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : littérature, jeunesse, gilmore girls
24.01.2009
Lettres a un jeune poete de Rainer Maria Rilke
Écrite avec une simple et élégante prose, Rainer Maria Rilke signe une série de lettres à un jeune poète en herbe, Franz Xaver Kappus qui contiennent des arguments magnifiques pour mener une vie authentique. Elles abordent les questions silencieuses qui existent dans les recoins les plus profonds de notre cœur, les grands thèmes de la littérature, et donc de la vie: le sens de la solitude et de l'amour.
La première lettre est celle qui donne le plus de conseils. Vous devez vous poser la question suivante: "dois-je?" " Si vous répondez par l'affirmative, vous devez "bâtir votre vie selon cette nécessité; toute votre vie, même dans ses plus humbles et plus indifférents heures, doit devenir un signe et un témoignage de cette impulsion."
Dans la suivante, il met en garde contre l'ironie, à travers votre vie et qu'il est important de se prémunir contre elle par la recherche "dans les profondeurs des choses."
Les lettres sont ainsi ponctuées de conseils sur la création littéraire mais plus généralement sur la maniére d'anticiper la vie. L'auteur affirme que l'on doit toujours avoir confiance en soi et en ses propres sentiments. Que chaque refus de notre part est une preuve que l'on ne s'engage pas pleinement dans la vie.
Le poéte soutient une confiance dans la nature" Nous devons tous apprendre à "gagner la confiance de ce qui paraît faible." La sixième lettre concerne la notion de solitude. Nous créons tous une "grande solitude intérieure." Pour nous promener à l'intérieur pendant des heures sans rencontrer personne, c'est ce que nous devons être en mesure d'atteindre. Grâce à ce gain, vous reprenez votre point de vue d'enfant à la place de la défensive et du mépris (des adultes). C'est dans le vaste océan de la solitude que nous pouvons vraiment comprendre la démarche et les dimensions de la vie.
L'ensemble trouve son apogée dans la septième lettre de Rilke, qui prend la notion de solitude et se marie avec l'amour. Il fait valoir que oui "l'amour est difficile." Mais que nous devons placer notre confiance "dans ce qui est difficile, car la nature ne fait, qu'exercer nos êtres dans leur plénitude." Le fait d'aimer un autre être humain est le "plus difficile ... pour qui tous les autres travaux de préparation est simple.". Chacun de nous doit apprendre à aimer. Non pas dans une forme de fusion mais plutôt que chacun de nous doit «mûrir» dans les personnes qui peuvent nous donner de l'expérience et de l'amour. Le but ultime de la vie est «l'amour qui consiste en ceci: que les deux solitudes protégent leur frontière et qu'elles se saluent les unes les autres."
La septième lettre porte sur le sens et la maniére de se confronter à la tristesse. Plutôt que de fuir la tristesse ou la peur, Rilke fait valoir que c'est quelque chose qui doit être adopté comme une opportunité. Ce sont les moments où quelque chose de nouveau entre nous "nos sentiments grandissent muet timide dans l'embarras, tout en nous se retire, le silence se pose, et la nouvelle expérience, qui ne sait, est au milieu de tout cela et ne dit rien." En face de cette tristesse seul le courage est nécessaire: "faire face à la plus étrange, la plus insolite, des expériences." De ne pas courir et se cacher face à l'immensité de ces sentiments et d'expériences, mais de les reconnaître pour ce qu'elles sont, une occasion de s'épanouir.
Pour Rilke, "L'art est aussi une manière de vivre, et pourtant on vit, on peut, sans le savoir, s'y préparer." Ces letres sont magnifiques, pleine de sens et de poésie. Un vrai manuel de vie en 10 leçons. Je ne regrette que deux choses: de ne pas l'avoir lu avant et qu'il soit si court.
11:40 Publié dans Littérature germanique, Livres favoris | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : philosophie
15.01.2009
Au bonheur des dames d'Emile Zola
« Au bonheur des dames » est la suite de la série de Rougon-Macquart de Zola. Le but des séries, selon Zola, est d'étudier comment l'environnement affecte le caractère d'une ligne de famille. Trois « environnements » sont apparus dans le travail de Zola : le premier est la campagne idyllique, la deuxième est la campagne dure, et le troisiéme est Paris--la ville. « Au bonheur des dames » est situées dans le tiers.

De ses travaux précédents, Paris est déjà connu comme source de corruption de la moralité. Ainsi, l' héroïne, Denise doit faire face à la tâche insurmontable de rester la même face à la dégradation des valeurs morales. Elle est une martyre totale : ses sacrifices pour ses jeunes frères semblent sans fin. Elle économise le mondre sous pour assurer une pension pours enfants au plus jeune, et elle parvient toujours à trouver de l'argent (même dans des périodes désespérées) pour donner à son autre frère qui est frivol et dépensier.
Avec un tel coeur et un tel esprit noble, elle entre dans Paris. Elle est frappée par la première vue qu'elle a de Paris. Une structure colossale a avalé un bloc entier de vieux magasins petits et passés de mode. Elle est étonnée, intimidée, et fascinée par elle. Sa fidélité est divisée entre son oncle drapier et sa fascination et son désir de travailler dans ce magasin, Au bonheur des dames.
« Au bonheur des dames » a deux histoires : (1) la diffusion de la popularité des grands magasins et la mort des petites familles qui ont possédé des magasins « modernes », et (2) l' héroïne noble. Est-ce que l' héroïne sera écrasée par Paris et engloutie par le magasin ? Son esprit plus noble déjouera-t-il toute la chance qui ont été prédestinées pour être contre elle ?
C' est également un essai perspicace et étonnant sur le rôle des femmes dans la société moderne et la facon dont elles sont transformées pour consommer toujours plus de produits. Zola a décripté tous les mécanismes de la vente : le désir, la possession,la tentation, l'achat compulsif. Le livre garde quand même un regard heureux de Paris pendant la troisième République grâce à notre héroine.
J'ai aussi beaucoup aimé l'histoire d'amour entre Mouret et Denise qui nous tient jusqu'à la fin. On espère qu'une seule chose qu'elle lui dise enfin oui...
Si vous aimez faire des emplettes, vous aimerez ce livre !
17:15 Publié dans Littérature francophone, Livres favoris | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : littérature, romance
Moby Dick d'Herman Melville

" Mon premier Melville" dixit Rory. Il était dans ma PAL depuis des mois mais j'avais peur que ce classique soit ennuyeux. Et en fait, j'ai adoré!
Je m'appelle Ishmaël. Mettons. Il y a quelques années, sans préciser davantage, n'ayant plus d'argent ou presque et rien de particulier à faire à terre, l'envie me prit de naviguer encore un peu et de revoir le monde de l'eau.
J'ai donc embarquée à bord du Pequod en compagnie d' Ishmaël, le narrateur sous les ordres du capitaine Achab et de son second Starbuck. Plus qu'une chasse à la baleine, Moby dick est une lutte contre le destin et la nature elle même. Melville emploie un language stylisé, symbolique et métaphorique pour explorer de nombreux et complexes thèmes qu'il estime universels. A travers le voyage de son personnage principal, les concepts de classe et de statut social, du bien et du mal et de l'existence de Dieu sont tous aussi bien explorés que les interrogations d'Ismaël sur ses convictions et sa place dans l'univers.
Envoûtés, ils fixent la baleine, ils la regardent balancer de droite et de gauche son front, porteur du destin et contemplent le vaste demi-cercle d'écume que son élan soulève devant elle. Elle est la vision même du Jugement dernier, de la vengeance immédiate, de l'éternelle malice devant l'impuissance humaine.
Le capitaine Achab est la figure emblématique de ce roman. Je le trouve cruel et fascinant. Courageux, il ne pense qu'à se venger de la baleine qui lui a arraché la jambe. Quant à Ishmaël, il est le marginal qui souhaite fuir la société où il se sent aliéné. D'ailleurs, son nom provient de la Bible et signifie l'exilé. J'ai dévoré ce livre tant j'étais attaché aux destins des personnages.
17:04 Publié dans Littérature américaine, Livres favoris | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature
Tender is the night...
Tendre est la nuit, largement autobiographique , est l'histoire de la décomposition d'un être fait pour être aimé, trop romantique pour pouvoir résister à son époque , trop tendre, malgré son apparente désinvolture, pour savoir sagement vieillir.

C'est plus particulièrement l'histoire de Dick et de Nicole , dont nous faisons connaissance à travers les yeux émerveillés d'une jeune actrice qui ne résiste pas au charme de Dick. Ce couple très uni cache un secret. Nicole a été soignée par Dick, médecin psychiatre. L'amour qu'elle a porté à Dick a fait de leur union une nécessité.
Tendre est la nuit est plus complexe et beaucoup plus foncé dans ses thèmes que « le grand Gatsby », Scott Fitzgerald parvient à vous laisser des images tout à fait inoubliables, par exemple, lorsqu'il décrit un dîner en plein air sur la Cote d'Azur.
Rempli des passages semblables, Tendre est la nuit juxtapose les idylles romantiques avec les tragédies personnelles entourant la plupart de ses personnages et relate les triomphes, en explorant les différences entre la perception et la réalité, la superficialité contre l'excès, la force du caractère contre la crainte et la faiblesse, et la folie incontrôlable contre l'autodestruction . Il y dessine un monde fascinant dont vous souhaiteriez sincèrement faire partie et ensuite l'explosion de ses insuffisances devant vous, vous montre que ce monde n'est pas ce qu'il semble.
C'est une histoire puissante de deux personnes s'aimant pour les raisons fausses et dont l'amour prend un cours que ni l'un ni l'autre ne veut vraiment, mais qui est devenu inévitable. Dit dans un livre trompeusement simple, il réunit une grande force dans le récit et une manière de sentir les sentiments aussi profondément que les personnages. Tendre est la nuit ne peut pas avoir de fin trés positive, mais je l'aime d'autant plus pour cette raison, car cela refléte la vie réelle. Un livre admirablement écrit à relire.
Le paragraphe final est superbement structuré car il est l' un des plus efficace que j'ai lu, rassemblant tout ce que le livre cherche à explorer dans quelques phrases de façon pertinente , clairvoyante, complexe, intemporelle et sous son extérieur superficiel, très vrai. Si vous ne l'avez pas lu, n'attendez plus : il est l'un des meilleurs livres que j'ai lu.
11:51 Publié dans Littérature américaine, Livres favoris | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : littérature















































































































