03.08.2009

Le prédicateur de Camilla Läckberg

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Le prédicateur est le deuxiéme roman de Camilla Läckberg. On retrouve la même petite ville cotiére suédoise et ses habitants, notamment Erika et Patrick que dans le premier. Une jeune femme est retrouvé assassiné, avec les squelettes de deux autres femmes qui ont disparu depuis 20 ans. Le sympathique détective Patrik Hedstrom, dont la femme Erica est enceinte, conduit l'enquête, freiné par certains collégues incompétents et de mauvaise foi. Les soupçons se portent vite sur la famille Hult, dont l'ancêtre Ephraim Hult était un éminent et charismatique prédicateur et guérisseur. Vivre dans l'ombre d'un tel homme n'est pas facile et la famille a beaucoup d'ennuis accompagné de profondes querelles. L'histoire tisse donc entre l'enquête de police, la famille en cause et la dynamique Erica, Patrik et sa vie de famille.

Camilla Läckberg montre une grande compréhension émotionnelle et psychologique. Son style est clair et concis et parvient aisément à tenir son lecteur en haleine! Le récit alterne les détails des procédures de la police avec les pensées des victimes et la vie intérieure de chaque personnage. Cette histoire souligne que les crimes horribles sont souvent ancrés chez des gens ordinaires... L'histoire est de plus pleine de rebondissements, avant de parvenir à une conclusion qui est à la fois inattendue et totalement logique. C'est surtout la motivation des crimes qui retient l'attention jusqu'à la fin. Définitivement un bon deuxième tome, je me réjouis déja à la perspective du troisiéme!

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12.07.2009

Le mec de la tombe d'à côté de Katarina Mazetti

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Désirée se rend régulièrement sur la tombe de son mari, qui a eu le mauvais goût de mourir trop jeune. Bibliothécaire et citadine, elle vit dans un appartement tout blanc, très tendance, rempli de livres. Au cimetière, elle croise souvent le mec de la tombe d'à côté, dont l'apparence l'agace autant que le tape-à-l'œil de la stèle qu'il fleurit assidûment. Depuis le décès de sa mère, Benny vit seul à la ferme familiale avec ses vingt-quatre vaches laitières. Il s'en sort comme il peut, avec son bon sens paysan et une sacrée dose d'autodérision. Chaque fois qu'il la rencontre, il est exaspéré par sa voisine de cimetière, son bonnet de feutre et son petit carnet de poésie. Un jour pourtant, un sourire éclate simultanément sur leurs lèvres et ils en restent tous deux éblouis... C'est le début d'une passion dévorante. C'est avec un romantisme ébouriffant et un humour décapant que ce roman d'amour tendre et débridé pose la très sérieuse question du choc des cultures.

Voilà un joli roman découvert grâce à la blogosphére. Ce roman où l'on suit la romance de Benny et Desirée est un merveilleux récit qu'on a du mal à lacher une fois commencer. C'est une histoire d'amour atypique (rien que pour le lieu de rencontre!) qui réunit deux personnes complétement différentes qui semblent n'avoir aucun point en commun : Benny, un agriculteur qui ne vit que pour son expoitation et une vie simple et Désirée, une bibliothécaire qui aime la vie urbaine et la culture. J'ai adoré le passage du coup de foudre, l'idée qu'une vie peut être bouleverser par un sourire...

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J'avoue avoir eu un peu peur au début, en voyant la couverture et surtout les pages roses mais ce roman s'est révélé riche et prenant. Les chapitres alternent les points de vue des deux protagonistes, une idée géniale ici puisque ça nous permet de comprendre les deux points de vue sur leur histoire, leurs attentes et leurs conflits. L'auteur a fait un excellent travail en mettant en évidence les deux parties de l'histoire. La passion semble tellement réel et tangible. Leur relation se noue mais n'est pas sans heurts. Leurs différents styles de vie les entraînent dans des situations épineuses mais parfois cocasses. Nos deux protagonistes sont assez attachants, le style du roman est léger et grave à la fois et le ton souvent humoristique. En effet, Benny et Désirée établissent un certain humour entre eux pour éviter de faire face aux conflits. Au final, un roman qui permet de passer un agréable moment mais non dénué d'intelligence, bien au contraire. Une suite serait en cours et je serai bien sûr curieuse de la découvrir.

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23.06.2009

La princesse des glaces de Camilla Läckberg

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La princesse des glacesest le premier tome de la série Erica Falck (qui apparemment en compte six) dans la petite ville côtière suédoise, Fjallback. Erica Falck est l'auteur de biographies sur des femmes écrivaines suédoises. Venant de perdre ses parents, elle est de retour dans la ville et la maison de son enfance. Elle a pour tache difficile de mettre en ordre les affaires de ses parents, morts dans un accident. Tache compliqué par le fait que son beau-frére et sa soeur veulent revendre cette maison auquelle Erica est si attachée. Dans le même temps, elle essaie de finir d'écrire son dernier livre qui a déja beaucoup de retard. Un jour d'hiver Erica, alarmée par un voisin, découvre le corps sans vie de sa meilleure amie d'enfance, Alexandra Wijkner. Cette amie que le temps a éloignée est retouvée morte dans sa baignoire les veines tailladées. Tous pense alors au suicide mais l'autopsie révéle que Alex, sous drogue, devait être inconsciente et donc incapable de se suicider. Commence alors pour Erika une enquête angoissant... Je n'en dit pas plus pour ne pas gâcher le suspens et l'effet de surprise.

VM-33-veronica-mars-6768075-100-100[1].jpgLa princesse des glaces est un roman agréable, qui met l' accent sur les personnages et la description d'une ville enclavée, dans laquelle les rumeurs vont bon train. Beaucoup le compare à Milléniumde Stieg Larsson mais ce roman est trés différent de par ses personnages,le ton ou encore l'intrigue qui est beaucoup moins sombre. La réponse à cette affaire se trouve dans le passé et la tragédie actuelle est le résultat de vieux conflits, de secrets de famille, de désespoir et d'une famille puissante qui domine de par son argent.

En plus de cette enquête, Erica doit faire face à un beau frére tyrannique et ne peut compter sur le soutien de sa soeur Anna qui lui est complétement soumise. Heureusement, tout n'est pas si noir puisque son enquête la rapproche de Patrick Hedstrom, un policier amoureux d'elle depuis sa plus tendre enfance. La romance d'Erica et Patrick est vraiment bien traitée avec un touche à la Bridget Jones et une teinte de timidité adolescente.

L'ambiance glauque du polar est contrebalancé par cette romance naissante mais aussi par une fine touche d'humour, avec le personnage de Mellberg, le chef de police incompétent mais qui reste grandiloquent et cocasse. L'intrigue en elle-même est captivante et se concentre essentiellement sur les personnages, leur caractére et les liens entre eux. C'est cette enchevêtrement de liens qui va réveler la vérité sous la surface lisse et tranquille de cette petite ville. La fin est grandiose et même si j'avais deviné certains éléments, j'ai été incapable de deviner la solution complète et tous les secrets de Fjallbacka.

La seule chose qui m'a déconcerté est l'astuce de laisser le personnage obtenir des éléments d'informations et de les révéler au lecteur que plus tard. Mais dans l'ensemble, j'ai beaucoup aimé ce livre donc je vais certainement lire le prochain, Le prédicateur.

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24.04.2009

La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d'une allumette de Stieg Larsson

rory%20yale%20livre.jpgTandis que Lisbeth Salander coule des journées supposées tranquilles aux Caraïbes, Mikael Blomkvist, réhabilité, victorieux, est prêt à lancer un numéro spécial de Millénium sur un thème brûlant pour des gens haut placés : une sombre
histoire de prostituées exportées des pays de l'Est. Mikael aimerait surtout revoir Lisbeth. Il la retrouve sur son chemin, mais pas vraiment comme prévu : un soir, dans une rue de Stockholm, il la voit échapper de peu à une agression manifestement très planifiée. Enquêter sur des sujets qui fâchent mafieux et politiciens n'est pas ce qu'on souhaite à de jeunes journalistes amoureux de la vie. Deux meurtres se succèdent, les victimes
enquêtaient pour Millénium. Pire que tout, la police et les médias vont bientôt traquer Lisbeth, coupable toute désignée et qu'on a vite fait de qualifier de tueuse en série au passé psychologique lourdement chargé. Mais qui était cette gamine attachée sur un lit, exposée aux caprices d'un maniaque et qui survivait en rêvant d'un bidon d'essence et d'une allumette ? S'agissait-il d'une des filles des pays de l'Est, y a-t-il une hypothèse plus compliquée encore ? C'est dans cet univers à cent à l'heure que nous embarque Stieg Larsson qui signe avec ce deuxième volume de la trilogie Millénium un thriller au rythme affolant.

Aprés ma lecture enthousiaste du premier tome de la trilogie Millénium, La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d'une allumette, le deuxième volume, est loin de me décevoir. C'est véritablement un thriller à couper le souffle. On y retrouve nos deux héros: Blomkvist qui enquête sur un réseau de prostitution et Lisbeth Salander, s'offrant des vacances mérités.

Ce deuxiéme tome est aussi riche, si ce n'est plus que le premier car on y découvre le lourd passé de Lisbeth Salander, personnage mystérieux, complexe mais qui reste attachante. Il fourmille de détails, de rebondissements. Dès les premières pages, le ton est donné et le lecteur se trouve sans cesse sollicité, interpellé par l'auteur qui fait avancer son histoire sur plusieurs fronts enchaînant ainsi les révélations. Vous l'avez compris, ce deuxiéme tome est aussi addictif que le premier. On se laisse happer avec délice par le formidable suspense qui va crescendo tout au long du roman.

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Un roman à relire tant il est riche! En effet, l'histoire mêle services secrets, médecins, journalistes, motards hors-la-loi etc... Le roman nous fait partager les pensées de Salander, Blomkvist, Erika Berger et bien d'autres, tous ces points de vue alimentent le suspens. On découvre l'enfance de Lisbeth et ce qu'elle appelle "Le grand Mal".

Larsson maîtrise vraiment les fils de l' intrigue, distille du suspens et fait preuve de finesse psychologique. Après un superbe premier tome, avec une enquête qui tient la route, plein de péripéties, de question, de doute... Ce deuxième tome est encore meilleur, on part dans le passé de Lisbeth sombre. Les révélation pleuvent, l'auteur sait nous tenir en haleine et construire petit à petit toute une histoire à partir d'un crime. Un vrai coup de chapeau à l'auteur qui m'impressionne. Seul petit bémol : peu de scénes entre Lisbeth et Salander, moi qui adorait les voir faire équipe!

30.03.2009

Les hommes qui n'aimaient pas les femmes de Stieg Larsson

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Un an que ce livre attend sagement sur les étagéres de ma biblio. Faut dire que je n'ai jamais vraiment lu de polars, à part Sherlock Holmes. Aprés cette lecture , je me dis que je devrais me laisser tenter par ce genre si il me réserve encore de bonnes surprises telle que ce livre. Maintenant que je l'ai lu, je n'ai qu'une envie: courir me procurer le deuxiéme tome! En effet, Les hommes qui n'aimaient pas les femmes est le premier volume de la trilogie Millénium.

L'histoire est divisée entre les secrets d'une famille riche et puissante, les Vanger et les fraudes économiques d'un grand groupe, Wenneström. Mikael Blomkvist, journaliste récemment condamné pour diffamation, est engagé par Henrik Vanger. Il veut que Blomkvist enquête sur sa nièce, disparue il ya près de 40 ans. Disparition troublante dans le huis clos d'une île, Henrik est convaincu qu'elle a été assassinée, et quelqu'un se fait un malin plaisir de le lui rappeler à chacun de ses anniversaires, en lui envoyant des fleurs rares. L'auteur parvient à maintenir un bon rythme tout au long du roman en offrant au passage des sensations fortes et une leçon sociale aiguisée. C'est vraiment un trés bon thriller qui tient tellement en haleine, qu'il devient quasi impossible de poser ce livre. 

Par la suite, Blomkvist est aidé dans ses recherches par Lizbeth Salander, une jeune femme atteinte du syndrome d'Asperger, qui est sous la tutelle de l'État. Salander est vraiment un personnage rebelle, énigmatique et pour le moins déstabilisante. Ses tatouages et piercings sont des marquages qui lui rappellent ce qu'elle a dû endurer dans la vie. C'est une jeune femme intelligente mais solitaire. Peu à peu, grâce à son talent en informatique entre autres, elle découvre de nouveaux renseignements importants sur la famille Vanger...

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Bien que le roman commence plutôt lentement, les personnages sont vite mis en place et la généalogie de la famille Vanger explorées. Stieg Larsson réussit à créer une atmosphère oppressante lorsqu'il met en place cette "pièce fermée" pleine de mystères et de vieilles rancoeurs. Les personnages sont les moteurs de l'action, surtout les deux protagonistes. Le lecteur se soucie de Blomkvist et Salander dès le début, car les deux sont vulnérables et ont souffert injustement. (Je sais pas pourquoi mais à certains moments, Lisbeth me faisait beaucoup penser à Spencer Reid d'Esprits Criminels) Au fur et à mesure que le roman se développe, l'auteur crée également de la sympathie pour les personnes âgées tel que Henrik Vanger. Larsson, lui-même était le rédacteur en chef d'un magazine anti-raciste, et son inoubliable description de certains des parents Vanger, qui étaient de fervents adeptes des mouvements fascistes, porte l'anneau de l'authenticité.

Comme le roman se développe, les squelettes dans le placard de la famille Vanger émergent, et l'atmosphére se fait plus glauque. Développé dans les moindres détails, ce roman est particulièrement riche en suspens et en actions, reliant tous les détails pour produire une conclusion en crescendo qui promet une sacrée nuit blanche. Bref, c'est un passionnant roman qui laisse ses fans haletants pour le prochain épisode. Vite la suite!

26.01.2009

La ferme africaine de Karen Blixen

J'ai dévoré La ferme africaine. J'ai vu le film il y a un petit moment mais je dois dire que le livre est complétement différent! Ne cherchez pas la tragique histoire de son mariage malavisé et de son chagrin dû à sa stérilité ou la description de son histoire d'amour avec l'aventurier Denys Finch-Hatton. Rien de tout cela n'apparaît ici.

Karen Blixen, l'auteur, a la gestion de six mille hectares agricoles au Kenya, dont environ six cents hectares ont été utilisés pour la culture du café, de 1914 à 1931. Le livre mentionne rarement son mari, et ne fonctionne pas dans un ordre chronologique comme dans le film, mais consiste en une série de rencontres et de souvenirs. Ils ont trait à la plantation ou les gens et événements qui d'une manière ou d'une autre ont influencé sa vie.

Je trouve l'écriture de Blixen sublime. Ses descriptions du Kenya qu'elle a connu sont merveilleusement écrites, réelles et magiques en même temps. L'Afrique est la star du livre, pas Karen Blixen elle-même, ni les colons ou les tribus, ni son combat quotidien pour préserver sa terre "un peu trop haut" et ni ses politiques avec les fonctionnaires du gouvernement. Son écriture évoque l'Afrique, qu'elle connaissait bien et aimait profondément.

La façon dont Blixen décrit sa vie dans la ferme est à la fois lyrique et envoûtante; vous êtes littéralement emportés par les mots et les images. Il est évident que Blixen aimait l'Afrique , ça se ressent à travers chaque page. Il y a un sentiment d'humilité, à tirer des difficultés d'être seule dans un endroit dangereux et risqué. Elle savait qu'elle ne pourrait jamais vraiment comprendre certaines de ces personnes, qu'elles sont toujours un peu insaisissable, mais elle a pris soin de trouver un certain équilibre et de les traiter avec respect et parfois même de l'admiration, ainsi que, parfois s'amuser de leurs attitudes.

Karen Blixen nous démontre ainsi que pour comprendre les peuples autochtones de l'Afrique, il faut d'abord comprendre la terre. Un livre plein d'humanité qui transporte.