29.01.2009
Le Joueur d'échecs de Sefan Zweig
Le joeur d'échecs a été l'œuvre finale de Stefan Sweig, avant sa mort tragique. C' est un témoignage poignant, un drame psychologique finement réglé qui s'attarde longtemps dans l'esprit du lecteur.

Cette nouvelle s'articule autour de deux joueurs d'échecs extraordinaires. L'un est le champion du monde, Mirko Czentovic, qui voyage à travers le monde pour les tournois. L'autre est l'énigmatique docteur B., qui prétend ne pas avoir vu un échiquier depuis plus de vingt ans.Les deux sont opposés en termes de personnalité ou de passé mais leurs chemins se croisent à bord d'un paquebot de New York vers Buenos Aires. Le narrateur, un passager fasciné par le comportement du champion d'échecs et ensuite par celui de l'énigmatique docteur B est trés observateur. Bien qu'il fasse des commentaires sur le jeu, il est plus fasciné la personnalité et le psychisme des deux joueurs. La curiosité du narrateur, accru par le comportement de Dr B. le pousse à l' interoger. Finalement, sur le pont, le Dr B. raconte son histoire et retrace les récents événements atroces qui l'ont forcés à s'exiler brusquement de son Autriche natale. Dr. B. révèle pourquoi les échecs a été à la fois un salut et un danger pour sa survie: sa «participation» au échec avait été au-delà de ce qu'une personne peut endurer sans conséquences dangereuses pour le reste de sa vie. L'expérience du Dr B illustre l'entreprise de déshumanisation des prisons nazis.
La capacité de Zweig de retranscrire une tension émotionnelle tout en conservant des mots neutres et objectives est superbe. La fluidité de la langue est maintenue dans la traduction. Sweig est vraiment un auteur remarquable! Je pense que je vais rajouter d'autres de ses oeuvres à ma PAL.
09:30 Publié dans Littérature germanique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : littérature, gilmore girls, philosophie
24.01.2009
Lettres a un jeune poete de Rainer Maria Rilke
Écrite avec une simple et élégante prose, Rainer Maria Rilke signe une série de lettres à un jeune poète en herbe, Franz Xaver Kappus qui contiennent des arguments magnifiques pour mener une vie authentique. Elles abordent les questions silencieuses qui existent dans les recoins les plus profonds de notre cœur, les grands thèmes de la littérature, et donc de la vie: le sens de la solitude et de l'amour.
La première lettre est celle qui donne le plus de conseils. Vous devez vous poser la question suivante: "dois-je?" " Si vous répondez par l'affirmative, vous devez "bâtir votre vie selon cette nécessité; toute votre vie, même dans ses plus humbles et plus indifférents heures, doit devenir un signe et un témoignage de cette impulsion."
Dans la suivante, il met en garde contre l'ironie, à travers votre vie et qu'il est important de se prémunir contre elle par la recherche "dans les profondeurs des choses."
Les lettres sont ainsi ponctuées de conseils sur la création littéraire mais plus généralement sur la maniére d'anticiper la vie. L'auteur affirme que l'on doit toujours avoir confiance en soi et en ses propres sentiments. Que chaque refus de notre part est une preuve que l'on ne s'engage pas pleinement dans la vie.
Le poéte soutient une confiance dans la nature" Nous devons tous apprendre à "gagner la confiance de ce qui paraît faible." La sixième lettre concerne la notion de solitude. Nous créons tous une "grande solitude intérieure." Pour nous promener à l'intérieur pendant des heures sans rencontrer personne, c'est ce que nous devons être en mesure d'atteindre. Grâce à ce gain, vous reprenez votre point de vue d'enfant à la place de la défensive et du mépris (des adultes). C'est dans le vaste océan de la solitude que nous pouvons vraiment comprendre la démarche et les dimensions de la vie.
L'ensemble trouve son apogée dans la septième lettre de Rilke, qui prend la notion de solitude et se marie avec l'amour. Il fait valoir que oui "l'amour est difficile." Mais que nous devons placer notre confiance "dans ce qui est difficile, car la nature ne fait, qu'exercer nos êtres dans leur plénitude." Le fait d'aimer un autre être humain est le "plus difficile ... pour qui tous les autres travaux de préparation est simple.". Chacun de nous doit apprendre à aimer. Non pas dans une forme de fusion mais plutôt que chacun de nous doit «mûrir» dans les personnes qui peuvent nous donner de l'expérience et de l'amour. Le but ultime de la vie est «l'amour qui consiste en ceci: que les deux solitudes protégent leur frontière et qu'elles se saluent les unes les autres."
La septième lettre porte sur le sens et la maniére de se confronter à la tristesse. Plutôt que de fuir la tristesse ou la peur, Rilke fait valoir que c'est quelque chose qui doit être adopté comme une opportunité. Ce sont les moments où quelque chose de nouveau entre nous "nos sentiments grandissent muet timide dans l'embarras, tout en nous se retire, le silence se pose, et la nouvelle expérience, qui ne sait, est au milieu de tout cela et ne dit rien." En face de cette tristesse seul le courage est nécessaire: "faire face à la plus étrange, la plus insolite, des expériences." De ne pas courir et se cacher face à l'immensité de ces sentiments et d'expériences, mais de les reconnaître pour ce qu'elles sont, une occasion de s'épanouir.
Pour Rilke, "L'art est aussi une manière de vivre, et pourtant on vit, on peut, sans le savoir, s'y préparer." Ces letres sont magnifiques, pleine de sens et de poésie. Un vrai manuel de vie en 10 leçons. Je ne regrette que deux choses: de ne pas l'avoir lu avant et qu'il soit si court.
11:40 Publié dans Littérature germanique, Livres favoris | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : philosophie














































































































