12.11.2009
La communauté du Sud de Charlaine Harris
Fan de la série, j'avais trés envie de découvrir les romans. C'est chose faite aujourd'hui! J'ai dévoré les quatre premiers tomes:
- Quand le danger rode
- Disparition à Dallas
- Mortel corps à corps
- Les sorcières de Shreveport
Pour ceux qui ne connaissent pas, un petit résumé s'impose (juste celui du premier tome pour éviter les spoilers):
Les vampires vivent désormais parmi les humains grâce à un substitut leur permettant de se nourrir sans tuer. Mais la méfiance règne toujours à Bon Temps, petite ville de l'Amérique profonde. L'arrivée de Bill, ténébreux vampire va bouleverser la vie de la jeune serveuse télépathe, Sookie, d'autant qu'une vague de crimes s'abat sur la ville.




Il existe des similarités bien déterminées et certaines différences très marquées entre la série et les romans. Les livres se concentrent beaucoup plus sur Sookie et moins sur la vie des personnages secondaires, pas étonnant, étant donné que Sookie est le narrateur dans les romans. La voix narrative de Sookie est pour moi l'une des joies des romans. Certaines de ses remarques sont trés drôles et contrairement à certains, je ne la trouve ni miévre ni agaçante. Un autre point fort des romans est que Eric est aussi important que les trois autres personnages principaux dans les livres, Sookie, Bill et Sam, ce qui n'est pas pour me déplaire car j'aime assez Eric!

Les romans, de plus, développent plus longuement les événements, je trouve. De plus, la série va commencer à s'écarter des romans à partir de la deuxième saison. Donc, je ne vois aucune raison pour ceux qui aiment la série de ne pas se plonger dans les romans et de les savourer comme une série à part. Ils introduisent également de nouveaux et plus intéressants personnages surnaturels. La série est unique, passionnante et souvent légere ... certainement pas sombre! J'ai adoré l'humour noir qui se dégage de certaines scénes. Mêlant intrigues amoureuses et action, j'ai eu parfois du mal à arrêter ma lecture (surtout les deux premiers tomes que j'ai lu coup sur coup!) Une jolie leçon de tolérance aussi, le débat entre ceux qui considérent les vampires comme des suppôts de Satan et ceux qui prêchent la tolérance n'est pas sans rappeler les heures sombres qu'ont connues les États du Sud...

Même si le style n'est pas exceptionnel, Harris est un auteur extrêmement efficace. Ce que j'aime dans son écriture, c'est qu'elle a une capacité inhérente à surprendre. Elle agrémente ses livres de rebondissements inattendus et de virages. Contrairement à certains auteurs qui aiment construire le suspense, elle vous entraine, vous laisse vous interroger et dévoile tout d'un coup.
En bref, si vous êtes un fan de TRUE BLOOD, vous devriez vraiment lire ces romans!
09:26 Publié dans Littérature américaine | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : true blood, vampires, adaptaion, série, suspens, enquete, fantastique, romance
08.11.2009
Plutôt chien ou chat?

- Dewey de Vicky Myron:Comment un chat abandonné est-il devenu le symbole de l'Amérique d'aujourd'hui ? Comment a-t-il pu redonner vie à des dizaines d'enfants ? C'est cette histoire vraie, émouvante et rocambolesque que nous conte l'auteur. Par un matin d'hiver, Vicki Myron, attirée par des cris déchirants, découvre un chaton frigorifié dans la boîte aux lettres de la bibliothèque où elle travaille. Après l'avoir réchauffé, Vicki et ses collègues, conquis, décident de l'adopter. Dewey deviendra vite la mascotte de la bibliothèque et l'emblème de la ville de Spencer. Pendant 19 ans, Dewey, grand amateur de cheesebugers, d'ailes de poulet et fan de télévision, va révolutionner cette petite ville ! Il va apprendre à sourire aux enfants handicapés, attendrir les hommes d'affaires... et devenir le chouchou des médias, au point que les télés du monde entier viendront le filmer ! Vicki Myron, la bibliothécaire qui a partagé sa vie, nous raconte l'aventure extraordinaire de ce chat hors du commun. Dewey est décédé en 2006 d'une tumeur à l'estomac.
Plus qu'une rencontre, l'histoire de Dewey et de Vicky est un véritable coup de foudre! J'ai savouré ce roman. On y découvre l'histoire d'une ville au bord de la crise économique, le parcours de Vicky et l'influence de Dewey sur eux. En effet, Dewey ne fut pas le seul à être un rescapé; Vicky ést une mère célibataire qui a survécu à un mari violent. Le peuple de Spencer, quant à eux traverse une période difficile du à la crise agricole. La dépression, l'ennui semble être partout. Néanmoins, Vicki est déterminée à faire de la bibliothéque un lieu de vie et pour cela elle va trouver en Dewey un allié inattendu! Pendant 19 ans, il retourne l'affection des habitants de la ville en double, en les amusant, les charmant.
Dewey est un chat si remarquable et son histoire si attendrissante que la ville toute entière l'adopte, pas seulement le personnel des bibliothèques. Bientôt, des journalistes du monde entier viennent raconter son histoire: Dewey est devenu un chat de bibliothèque des plus convenables! Il accueille les visiteurs, les réchauffe, les réconforte, amuse les enfants et se déplace dans le chariots de rangement....
Vicki semble être aussi une survivante, mais son livre montre clairement que son amitié avec ce chat doucereux était la plus réussie de ses relations. Il lui a fait du bien comme à la bibliothèque et à la ville .
Pas un livre parfait, mais à la fin, j'ai été très touchée par l'histoire d'un chat extraordinaire, une bibliothécaire assez attachante et une petite ville américaine, qui a découvert ce dont nous avons tous besoin: le respect, la tolérance, l'amusement et l'amour.

- Marley et moi de John Grogan:Si le chien est le meilleur ami de l'homme, il peut parfois être le pire. C'est ce que vont découvrir John et Jenny Grogan, quand ils décident d'acheter un labrador peu de temps après leur mariage, afin de tester leurs capacités parentales. D'adorable petite boule de poils, Marley se transforme en un mastodonte de quarante-cinq kilos, qui détruit tout sur son passage, dévore quantité de nourriture et d'objets en tout genre, et témoigne d'un attachement
aussi débordant qu'envahissant envers ses maîtres.
J'ai beaucoup aimé le film et tout son charme se retrouve dans ce livre. C'est plus que l'histoire d'un adorable chien, c'est l'histoire d'une famille - comment ils ont grandi ensemble partageant leurs joies et leurs peines. Une histoire simple, une amitié, beaucoup de bêtises, de la malice, de l'affection à revendre. Un conte qui provoque rires et larmes. Ce livre est tout ça à la fois! Un roman touchant qui nous fait passer un trés bon moment de détente.
Réponse: Je vous présente mon chat, Cat (hommage à mon film favori)! Il est adorable et adore jouer avec mes pelotes de laine :)

13:24 Publié dans Littérature américaine | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : chat, chien, livres, amitié, bibliothéque, adaptation
28.10.2009
Blossom Street de Debbie Macomber

Grâce à l'enthousiasme contagieux de Shopgirl qui en parle ici et là, je me suis laissé tenter par cette série de livres, mettant de côté mon seul préjugé littéraire (contre les livres harlequins) ET Je suis loin d'être décue et on ne me reprendra plus à faire une grimace dés qu'on évoque cette maison d'édition.
L'aventure Blossom Street commence avec Lydia, une jeune femme qui a survécu deux fois au cancer et qui ouvre un magasin de tricot. Offrant des cours de tricotage pour attirer les clients, elle y fait la connaissance de trois femmes: Jacqueline Donovan, une femme trompée qui ne supporte pas sa belle-fille; Carol Girard, quant à elle essaye désespéremment d'avoir un enfant et enfin Alix Townsend trouve que l'atelier tricot de Lydia est un bon moyen de faire ses heures d'intérêt général. Ces quatre femmes, différentes de par leur âge, leur statut ou leur rang vont pourtant tisser des liens d'amitié jusqu'à influer sur la vie des une et des autres....


Dans le deuxième tome, Au fil des Jours à Blossom Street, on y retrouve notre attachante Lydia Hoffman et sa chaleureuse boutique. On y retrouve aussi nos amies du premier tome tout en faisant la connaissance d'autres amoureuses de tricot: une bibliothécaire à la retraite, Elise Beaumont ; une fraîche divorcée en manque de confiance en soi, Bethanne Hamlin et une adolescente complexée Courtney Pulanski.

Qui a dit que Tricoter n'était pas élégant?
La série des Blossom Street est composée de livres doudous qui réchauffent à coup de rire, de larmes, d'espoir et de jolis dénouements. Macomber est une conteuse merveilleuse. Personne ne peut écrire sur les femmes avec autant de simplicité, de véracité et de douceur. Écrit du point de vue de chacun des personnages, les chapitres alternent entre les narrateurs. Même si cela peut devenir source de confusion sous la plume de d'autres écrivains, ici, ca sert l'histoire. Sans effort et avec délice , on apprend à connaître chaque personnage sur un niveau intime, faisant d'eux des amies.
Ces romans sont doux et donne envie de se réfugier sous une couette pour mieux les savourer. Ces livres sont chaleureux, parfait pour un jour de pluie. Ou une journée ensoleillée. Ou un jour de neige. Toujours en fait! Prenez une chaise, rangez votre tricot, oubliez vos tracas en lisant ces romans. Dans les mains d'un écrivain habile, l'ordinaire devient extraordinaire, et une rose fleurit dans tous les coins.
![BAT01[1].jpg](http://leslivresderory.hautetfort.com/media/02/02/1328421403.jpg)
23:20 Publié dans Coup de coeur, Littérature américaine | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : roman, coup de coeur, amitié, romance, tricot, audrey hepburn
24.07.2009
Cinquiéme avenue de Candace Bushnell
![carrie bradshaw[1].jpg](http://leslivresderory.hautetfort.com/media/00/01/796856261.jpg)
Malgré mon amour pour la série Sex and The city, je n'avais jamais lu un roman de Candace Bushnell avant. Intriguée par un article élogieux dans Vogue, je me suis lancé à la découverte de cette auteure et c'est sans regrets!
Cinquiéme avenue est un roman audacieux et délicieux à lire, séduite par la ville de New York et la fantaisie qui s'y dégage. Tous les personnages sont mondains, riches et avides de contrôle ou de pouvoir. Tous partagent un amour et une admiration pour la ville de New-York et ménent une vie glamour remplie de séances photos, de diners privés, de campagnes publicitaires, de mode, de potins mais aussi de trahison, d'hypocrisie et de jeux de pouvoir. On y fait la connaissance de Mindy Gooch, auteur d'un blog à succés et présidente du conseil d'administration de l'immeuble. Son mari James quant à lui est un auteur à succés et son fils Sam un génie en informatique. Schiffer Diamond est une comédienne qui a une relation avec un autre locataire, l'auteur d'un roman qui a obtenu le prix Pulitzer; Philip Oakland. Sa tante Enid Merle, chroniqueuse mondaine est un personnage haut en couleurs, tout comme Lola Fabrikant qui rêve d'être la prochaine Carry Bradshaw ou encore Billy Litchfield et Annalisa Rice, derniére arrivante au Cinquiéme avenue avec son mari Paul.
![SJP-Sex-and-the-city-2[1].jpg](http://leslivresderory.hautetfort.com/media/01/00/574874372.jpg)
Candace Bushnell donne vie à ses personnages impérieux, imprégné d'individualité et d'une forte personnalité. Son objet n'est pas le sexe en dépit de ce qu'on pense même si elle est beaucoup plus explicite qu'Edith Wharton ou Jane Austen , l'objet de ce roman est avant tout la poursuite vers la réussite et le pouvoir. Presque tous les caractères de Cinquième Avenue ont comme défaut d'être rongé par le désir. En effet, ils se révélent tous insatisfait, frustré, et ces désirs, qui entre en conflit avec ceux de leurs voisins, provoquent de grands bouleversements. Le plus grand désir de tous n'est pas l'amour, mais l'immobilier, sous la forme d'un penthouse, en vente après la mort de sa propriétaire. Candace Bushnell posséde un merveilleux talent littéraire parvenant à mêler comédie et drame sombre avec l'ambiance unique de New York. Son roman est une comédie assez cruelle où les locataires se piétinent les uns les autres pour accéder au sommet de l'échelle sociale. L'auteur y montre le pouvoir corrupteur de l'argent et de la soif de contrôle mais elle écrit aussi sur des personnages comme Annalisa Rice, qui sont malheureux, malgré leurs milliards et leurs bijoux Chopard.
La fin y est de plus grandiose avec à la clé procés, meurtre, secret, vol, chantage mais aussi réconciliation et vengeance bien mérité sur les autres ou sur la vie. Un premier roman et je suis déja sous le charme, je viens juste de commander Lipstick Jungle!
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10:24 Publié dans Coup de coeur, Littérature américaine | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : littérature, candace bushnell, cinquieme avenue, new-york, carrie bradshaw, sex and the city, chick-litt, coup de coeur
20.07.2009
Chroniques de San Francisco d'Armistead Maupin

San Francisco et sa fameuse baie, ses tramways cahotant dans les rues en pente, son pont du Golden Gate, compte désormais un monument de plus : le 28, Barbary Lane, une pension de famille tenue par la pittoresque Anna Madrigal qui materne ses locataires avec une inépuisable gentillesse. Et ils en ont tous bien besoin, car "s'il ne pleut jamais en Californie, les larmes en revanche peuvent y couler à flots". Ils le savent bien, Mary Ann, venue de Cleveland dans cette ville qui a le don de décoincer les gens, Mona qui vient de perdre son emploi, Michael qui cherche vainement l'homme de sa vie...

J'ai enfin découvert le premier tome des Chroniques de San Fransisco. Ce livre se lit comme une bonne série télévisée. Tout commence avec l'arrivée de la naïve et réservée Mary Ann Singleton et ses mésaventures avec les habitants de Barbary Lane. Tous les personnages semblent si réels que je verrais plus jamais San Francisco, sans penser à Mme Madrigal, Michael Tolliver, Mary Ann Singleton ou Mona. J'ai particulièrement apprécié la manière dont Armistead Maupin nous plonge dans l'univers parfois trés différent de chacun de ses personnages. Ils sont tous chaleureux, drôles, réelles (et irréel, dans le meilleur sens du terme) et vraiment amusants. Attachants, mystérieux, excentriques, ils sont le moteur du livre et nous donnent immédiatement envie de tout connaître sur eux. De plus, ce fascinant patchwork de vie est assez amusant, surtout grâce au personnage de Michael!
Si les chroniques de San Francisco donne vie à une flopée de personnages, elle nous rend aussi nostalgique d'une époque, ici les années 1970. Ce livre donne un parfait rendu de l'atmosphére de cette époque, un instantané de la réalité du moment où ils ont été écrits, non pas une sorte de voyage nostalgique. Attention quand même, ne planifiez rien car vous êtes vite happé par votre lecture et "Un chapitre de plus" se transforme en une dizaine d'autres.

10:28 Publié dans Coup de coeur, Littérature américaine | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note
08.07.2009
Une tombe accueillante de Michael Koryta

Lincoln Perry gère tranquillement son agence de détectives lorsque l'inspecteur Targent commence à s'intéresser à lui: l'avocat Alex Jefferson vient d'être assassiné et, trois ans plus tôt, Perry l'avait rossé pour avoir épousé son ex-fiancée, Karen. Perry s'était alors fait virer de la police. Temporairement hors de cause, Perry est contacté par la veuve de l'avocat qui veut retrouver Matthew, le fils d'Alex séparé de sa famille depuis cinq ans. Celui-ci doit hériter de huit millions de dollars. Sauf que ce qui semblait se réduire à une simple recherche de personne disparue tourne vite au cauchemar aussi bien pour Perry que pour Matthew. Dans un milieu où ceux qui font de grosses affaires fraient souvent avec des individus peu recommandables, tout indique qu'on suit de près l'enquête de Perry dans le but de ne pas la voir aboutir. Auteur de La Mort du privé et de Et que justice soit faite, Michael Koryta partage son temps entre Bloomington, Indiana, et Tampa, Floride. Il justifie pleinement le jugement d'un Connelly qui le classe parmi "les meilleurs des meilleurs... tout simplement".
Avant de recevoir ce livre, je ne connaissais pas du tout cet auteur et son héros, Lincoln Perry. Autant dire que je ne regrette pas du tout cette jolie découverte! En plus d'être un polar prenant à l'intrigue bien construit, c'est aussi un roman au style travaillé et presque poétique à certains passages. Michael Koryta amène son lecteur au plus profond d'un monde cynique et noir au côté de son héros. La lecture de ce polar se révèle intense car chaque indice améne un nouveau mystére et plusieurs solutions. Moi qui ne suis pas fan de polar d'habitude, j'ai été complètement happé par cette lecture!
Une tombe accueillante développe une intrigue mais aussi le caractére de ses personnages, ce qui donne une certaine richesse au livre. Lincoln Perry est un héros atypique, il n'est pas parfait, il fait quelquefois de mauvais choix mais il ne lâche pas prise et fait preuve d'un certain courage dans sa quête de la vérité. Le livre est noir, mais humain. Lincoln, grâce à cette enquête et à ses conséquences sur sa vie, acquiert une certaine maturité dans ses relations aux autres, à la fois comme enquêteur et comme personne. En effet, il doit faire face à son passé et parvient enfin à aller de l'avant. A ses côtés, il peut compter sur la présence de son collégue, Joe blessé après avoir pris une balle à sa place. Entre eux, il y a un lien d'appartenance et d'entente qui est touchant. Il y a beaucoup d'action qui est équilibrée par une dose d'humour et d'introspection, mais ça ne ralentit pas pour autant le rythme de l'histoire. C'est une histoire où les péchés du passé refont surface et qui se termine en un dénouement imprévisible (du moins pour moi.) Merci encore à Suzanne de Chez les filles pour ce bon moment de lecture et cette jolie découverte! J'ai déja hâte de découvrir un autre roman de ce jeune auteur!
![The-Librarian-libraries-176091_760_1075[1].jpg](http://leslivresderory.hautetfort.com/media/02/00/1650988164.jpg)
11:31 Publié dans Littérature américaine | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : litterature, polar, suspens, lost, sawyer
14.06.2009
Deux soeurs pour Léonard de Karen Essex

C'est mon premier livre, lu dans le cadre de l'opération Babelio. Pourquoi celui-là? Ça tient en quelques mots: Italie, Renaissance, Arts et Leonard de Vinci. De plus, j'aime les romans historiques et celui-ci, mélant intrigues politiques et amoureuses avait un parfum de The Tudors (sans parler du titre, proche de Deux soeurs pour un roi) Ce livre fait ce qu'un mauvais cours d'histoire ne parvient pas à faire: rendre des grands personnages historiques vivants, avec leurs défauts, leur dilemme et histoire de coeur. Les espoirs, déceptions et trahisons ont eu un impact sur l'Histoire et c'est fascinant de voir la Renaissance Italienne prendrent vie au fil des pages.
Dans l'Italie de la fin du XVe siècle, la maison d'Este compte sur ses deux filles pour assurer un avenir au petit duché de Ferrare. Isabelle, femme accomplie, passionnée d'art, épouse Francesco, marquis de Mantoue, tandis que la jeune Béatrice se retrouve duchesse de Milan avec le terrible Ludovic Sforza pour mari. Tantôt alliées, tantôt adversaires, les deux sœurs régneront sur les cours italiennes, au cœur des intrigues politiques et amoureuses et des rivalités artistiques. Mais toutes deux ressentent la même admiration pour le grand Léonard de Vinci dont les portraits fascinent toute l'Italie. Isabelle parviendra-t-elle à l'attirer à Mantoue, exauçant ainsi son rêve de poser pour lui ? Karen Essex signe là un roman des plus réussis, mêlant avec efficacité histoire de l'art et histoire tout court...
Tout commence donc par une rivalité entre deux soeurs au caractére et au physique différents. L'une, Isabelle est belle, raffinée et admirée de tous et l'autre, Béatrice est ordinaire physiquement mais elle est plus impétueuse, presque sauvage. Leur évolution en sera de même. Béatrice se montre la plus obstinée et passionnée. Elle fonce tête baissée pour les causes qu'elles croient juste et l'homme qu'elle aime. Elle est une femme de caractére en avance sur son temps qui tente de survivre. C'est la soeur la plus attachante mais ça n'engage que moi. Isabelle devient quant à elle une féroce collectionneuse d'oeuvres d'art. Mais, c'est le mariage et la politique qui vont mettre à rude épreuve ces deux soeurs et qui vont finir par les rapprocher...
Le rendu de la Renaissance et des débats qui l'animent est enrichissant.On retrouve les questions qui agitent cette époque qui s'interroge sur la place de l'Homme face à l'univers, la religion et l'Art. Les entrevues (trop rares à mon goût) avec Leonard De Vinci sont toujours de vrais joutes verbales et un vrai régal. Il y démontre toute la fragilité de l'Art, des régnes et de la vie. Les descriptions de ces oeuvres, pour les avoir vu au Louvre sont saisissantes. J'ai adoré la passage sur la Joconde, son oeuvre la plus mystérieuse. Plus qu'une galerie de personnages, ce livre fait revivre une époque: le climat de persécution en Espagne sous l'inquisition, la grandeur de Florence sous Laurent le Magnifique et les guerres de grandeur qui opposent une Italie divisée et la France sous François I. Riches en trahisons amoureuses ou politiques, Deux soeurs pour Leonard est un roman historique ET divertissant. Bref, aprés lecture, je ne porterai plus le même regard sur les portraits de ces femmes (Isabelle d'Este par Leonard, Béatrice par Leonard et son bustepar Romano) qui ont fait l'Histoire, dans l'ombre des hommes.
A noter: Babelio lance une nouvelle opération, qui vise pour une fois non pas à distribuer des livres, mais à en collecter. Ils se sont associés à l’ONG Bibliothèques Sans Frontières pour les aider à récupérer des livres pour les bibliothèques publiques d’Haïti, dans le cadre de leur nouveau programme « 200 bibliothèques pour tous en Haïti. »
Vous trouverez tous les détails de l’opération ici : http://www.babelio.com/deslivrespourhaiti. Je vais surement en envoyer, je trouve que c'est une super initiative. Passez tous un bon dimanche!
11:24 Publié dans Littérature américaine | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : littérature, histoire, romance
07.05.2009
Le pacte (une histoire d'amour) de Jodi Picoult
Chez les Harte et chez les Gold, tout semble aller pour le mieux. Deux familles proches, ils partagent tout ensemble. Leurs enfants, Christopher Harte et Emily Gold, 17 ans tous les deux, ont grandi ensemble et ont commencé à se fréquenter à l'âge de 13 ans. Par une nuit fatidique, tout cela a changé quand Emily est retrouvée morte d'une balle dans la tête. Chris prétend qu'ils avaient conclu un pacte de suicide qui a raté. La police et le procureur n'y croient pas et l'inculpent pour meurtre. Dorénavant, ces deux familles prétendument idéales seront déchiré aux prises avec ce qui s'est passé tout en essayant de comprendre pourquoi.
Jodi Picoult laisse le lecteur ébranlé par l'écrasante émotion véhiculée dans cette histoire entre rebondissements et suspicions. Picoult démontre une solide maîtrise de son sujet et de ses personnages aux prises entre l'hypothése du suicide d'Emily, qui est difficile à accepter pour sa famille et celle qui désigne Chris comme son meurtrier. Dans un cas comme dans l'autre, les deux familles font face à de la colére, de l'incompréhension, voire de la culpabilité de peur de ne pas avoir détecter "les signes". Le pacte est une réflexion, parfois douloureuse sur le deuil d'un enfant pour les parents.
Jodi Picoult entremêle habilement le passé et le présent dans ce drame familial poignant. Le suicide chez les jeunes est un sujet extrêmement sensible qui est ici abordé de manière intelligente et sensible. L'auteur gère très bien le sujet, cependant, elle reste sensible à toutes les questions et les parties impliquées dans le pacte. Elle révéle ce qui se cache derriére ces deux familles idéales et cette histoire d'amour. Emily est un personnages complexe et touchant, celui qui m'a le plus touchée durant ma lecture. Le pacte, empreint de mal-être et de mélancolie n'est pas une lecture facile. La lecture reste pourtant prenante car on suit Chris pendant son séjour en prison en attente de son procés et ensuite son procés en lui-même jusqu'au verdict. Les circonstances sont douteuses (Emily n'a pas de traces de poudre sur les mains, la trajectoire de la balle et bien sûr, le fait que Chris soit vivant). On se trouve complètement immergé dans cette émouvante histoire de procés, de faux semblants, de famille et de cœur.
Pour une premiére lecture d'une oeuvre de Picoult, j'ai vraiment apprécié donc je pense que je vais me laisser tenter par d'autres oeuvres de cette écrivaine, qui semble trés apprécié aux États-Unis.
10:40 Publié dans Littérature américaine | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : littérature, romance, polars, lost
21.04.2009
Vent d'Est, Vent d'Ouest de Pearl Buck
![laneandrorybooks%5B1%5D[1].jpg](http://leslivresderory.hautetfort.com/media/01/01/1889221676.jpg)
A travers l'histoire de Kwein-Lan, Pearl Buck traîte du conflit existant entre la jeune et la vieille Chine qui, attachée aux traditions, perçoit les changements comme un affront. Comme le veut la coutume, Kwein-Lan ne connaît pas son futur époux, qui a étudié aux États-Unis. Le soir de leurs noces, celui-ci lui déclare qu'il comprend qu'elle ne soit pas attirée par lui, car ils sont, tous les deux, contraints à ce mariage. Décidé à suivre des voies nouvelles, en la traitant comme son égale, il trouble la jeune mariée par son attitude. D'abord difficile, leur cohabitation va s'apaiser dès lors que Kwein-Lan va accepter de s'ouvrir à l'influence de son mari, en commençant par se débander les pieds.
Une collégue de boulot avait l'intention de jeter (sacrilége!) une pile de livres qui trainait chez elle. Dans le carton que j'ai sauvé, il y avait ce petit bijou.
Tout au long du livre, Kwein-Lan représente la tradition chinoise alors que son mari est beaucoup plus moderne. S'appuyant sur son éducation traditionnelle, Kwein-Lan se voit comme au service de son mari. Toutefois, celui-ci essaie d'ouvrir son esprit à d'autres points de vue, de voir le mariage comme un partenariat à parts égales, et non une relation de maître à serviteur. Ainsi, le couple cherche à surmonter les épreuves et les malentendus. Ce livre traite de maniére intelligente de conflit entre évolution et tradition mais aussi entre les valeurs de la Chine et de l'Occident. Globalement, c'est un merveilleux aperçu des pratiques culturelles de l'ancienne Chine et de la façon dont elle a du s'adapter à la culture moderne.
Le livre mélange roman historique et journal intime. On comprend vite les appréhensions de Kwein-Lan. On y découvre ainsi les doutes et les inquiétudes d'une femme à la forte personnalité et au caractère hors de commun.
Buck décrit comment il est difficile d'accepter le changement. Bien que beaucoup de traditions sont considérées comme inutiles, stupides ou tout simplement sadique ( notamment les pieds bandés) , il est difficile de remettre en question quand on grandit dans une culture où les traditions sont ancrées depuis des milliers d'années. Le récit de Kwein-Lan montre bien ce bouleversement, cette confusion face à des changements de vie. De plus, le thème du fossé entre les générations est mis en évidence, en montrant comment les anciens refusent catégoriquement ces changements par peur ou par incompréhension. L'histoire d'amour qui se tisse entre Kwein-Lan et son mari est aussi trés touchante.
Vent d'Est, vent d'Ouest est une belle histoire douce-amère, très réaliste dans les relations entre les personnages ou les situations. La façon dont une famille enracinée dans la tradition réagit face à leurs enfants, qui veulent rompre avec la tradition est une question intéressante, quelle que soit la période ou la culture dans laquelle on vit.

10:12 Publié dans Littérature américaine | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : littérature, gilmore girls
18.04.2009
Les New-Yorkaises d'Edith Wharton.
Je ne suis jamais décue lorsque je me plonge dans un livre de Wharton. Elle allie une maîtrise de la langue anglaise avec un style aiguisé et elle est de plus une fine observatrice de la nature humaine. Dans ce roman, les membres de la famille Manford se prennent de passion pour des chiméres, des engouements passagers et des fantasmes pour compenser leur incapacité à embrasser la vie pleinement. Dans ce monde de convenances et de classes sociales, deux visions de la société new-yorkaise se font face: l'ancienne avec ses convenances rigides et la nouvelle avec ses frivolités. Ecrit dans les années 1920, il y a des paralléles avec notre époque par ce portrait d'une société privilégiée que leur fortune ne divertisse plus.
Pauline Manford, la matriarche qui relie l'ensemble des personnages, est un archétype américain dans cette satire affectueuse. Elle est optimiste, énergique, mais désespérément simpliste. C'est un peu une Desesperate Housewives des années folles. Sa vision de la nouvelle société new-yorkaise est etriquée et elle ne voit même pas les drames qui se profilent sous ses yeux. Sa fille Nona, cependant, est réfléchie et lucide. Comme d'autres héroïnes de Wharton, Nona est celle sur qui tous les autres s'appuient.

Wharton est étonnamment aussi efficace que dans "Chez les heureux du monde" qui reste mon favori. Elle décrit avec brio la transmission de la frustration d'un cercle de personnes interdépendantes les unes sur les autres, destiné à suivre les règles de la société, quel que soit le coût. Chaque personnage est désespérément embrayé dans ses normes sociales, le mode d'adaptation de chacun les éloigne plus ou moins de la réalité. Nona, la belle et bien élevée New Yorkaise lutte avec une belle-sœur Lita, dont les valeurs (et leurs conséquences) menacent l'ensemble de l'ordre social de la famille.
Les hommes échappent au travail, tandis que les femmes se perdent dans le fléau de l'excès de vanité. L'arrivée du Jazz abaisse finalement le rideau sur le théâtre du vieux New York et de ses valeurs. Ce roman psychologique est vraiment fascinant, comme tous les romans d'Edith Wharton que j'ai pu lire pour le moment. Ce roman est terriblement moderne et parmi les plus beaux de Mme Wharton. Elle écrit avec une grâce personnelle et rusé les événements qui se déroulent derriére les magnifiques facades de ce vieux New-York. Elle nous révéle l'envers du décor. Il s'agit également d'une étude de caractéres en contradiction avec leur destin déja établi par leur position social comme l'inoubliable Lilly Bart sirotant du laudanum dans Chez les heureux du monde ou le dîner d'adieu pour la comtesse Olenska dans l'Age de l'innocence.

09:50 Publié dans Littérature américaine | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : littérature, gossip girl















































































































