31.10.2009
Une étude en rouge, suivi Du signe des quatre de Conan Doyle

- Au n° 3 de Lauriston Gardens près de Londres, dans une maison vide, un homme est trouvé mort. Assassiné ? Aucune blessure apparente ne permet de le dire, en dépit des taches de sang qui maculent la pièce. Sur le mur, griffonnée à la hâte, une inscription : " Rache ! ". Vengeance ! Vingt ans plus tôt, en 1860, dans les gorges de la Nevada, Jean Ferrier est exécuté par des mormons sanguinaires chargés de faire respecter la loi du prophète. Sa fille, Lucie, est séquestrée dans le harem du fils de l'Ancien. Quel lien entre ces deux événements auss
insolites que tragiques ? Un fil ténu, un fil rouge que seul Sherlock Holmes est capable de dérouler. Une intrigue toute en subtilités où, pour la première fois, Watson découvre le maître..
Publié en 1878, cette première histoire de Sherlock Holmes est un pur délice plutôt qu'un roman finement développé. En effet, on y assiste à la rencontre entre Sherlock Holmes et Watson, tout juste sorti de l'armée britannique et qui récupére de ses blessures. Holmes, sans une "vraie" carrière, passe un temps considérable à expérimenter dans un laboratoire de chimie. Watson découvre bientôt que Holmes est un détective consultant!
La partie centrale de cette histoire tourne autour des actions de l'église mormone à Salt Lake City, en Utah. C 'est une histoire merveilleusement divertissant où l'on apprend à connaître en même temps que Watson ce personnage si mystérieux et fascinant qu'est Holmes. Amusant à lire et intéressant surtout parce qu'il est le premier mystère de notre détective favori.

- Chaque année, la jeune Mary Morstan, dont le père, officier dans l'armée des Indes, a disparu voilà longtemps, reçoit par la poste le présent d'une perle. Le jour où une lettre lui fixe un mystérieux rendez-vous, elle demande au célèbre Sherlock Holmes de l'y accompagner... Cependant que le bon Dr Watson est conquis par le charme de la jeune fille, nous nous enfonçons dans une des plus ténébreuses énigmes qui se soient offertes à la sagacité du détective. L'Inde des maharajahs, le fort d'Agra cerné par la rébellion des Cipayes, le bagne des îles Andaman sont les décors de l'extraordinaire aventure qu'il va reconstituer, et qui trouvera sa conclusion dans les brouillards de la Tamise...
Publié en 1890, Le signe des quatre est la deuxième œuvre de Doyle, mettant en vedette le légendaire détective Sherlock Holmes. Le premier chapitre est intitulé à juste titre "La déduction est une science", et sert de merveilleuse introduction à l'homme énigmatique qu'est Sherlock mais aussi à ses méthodes. Holmes affirme qu'il y a trois qualités nécessaires à un détective idéal, à savoir la connaissance, la puissance de l'observation et la force de déduction. Les capacités de Holmes à l'observation sont superbes, comme en témoignent quelques-uns des livres qu'il a publiés sur des sujets obscurs comme le traçage des traces, l'influence d'un métier sur la forme d'une main ou le dénombrement de 140 formes des cendres de cigare et cigarette. Il prend soin de distinguer la simple observation du raisonnement déductif et clair, et pourtant c'est ce dernier qui est vraiment l'essence de Holmes. Pour lui, la seule chose qui importe est le raisonnement analytique entre les effets et les causes par lequel il dénoue une affaire. Ce qui est obscur pour tout le monde, est bien sûr tout à fait évident à Holmes!Dans le cadre de ses déductions, il atteste une compréhension avisée des personnes, de leurs habitudes, rien qu'en les observant!
Tandis que Holmes est l'incarnation de la raison, Watson est l'incarnation de l'émotion. Les qualités émotionnelles sont antagonistes à un raisonnement clair et détaché. C'est donc par les yeux de Watson que l'on découvre le récit, avec une certaine émotion ce qui nous permet de nous attacher aux personnages et à l'action.
Pour dénouer cette affaire, Holmes utilise "la force non officielle", elle se compose d'une douzaine de gosses sales et en haillons que Holmes paie en échange de renseignements glanés dans les rues. Il utilise aussi le pouvoir de déguisement, dont il se sert habilement. Mais cette enquête donne également un aperçu de la faiblesse d'Holmes: une dépendance à la morphine et à la cocaïne. La justification est qu'il a recours uniquement à l'utilisation de drogues, par ennui, quand il n'est pas occupé par une affaire. Comme dans toutes ses enquetes, Holmes se dégage incontestablement comme un héros hors pair. Seul petit point faible de ce récit, le long flashback dans le dernier chapitre. C'est aussi un délice de découvrir un Watson qui tombe amoureux ;) Le signe des quatre est une grande histoire pour tout fans de mystères, et elle ravira tous les amateurs de Sherlock Holmes!
A observer: Arrogant, sans considération pour les émotions des autres, obsédé par les mystéres, accro à une drogue et passionné de musique, Ca ne vous fait pas penser à un autre personnage? La preuve ICI

12:38 Publié dans Litterature anglaise | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : sherlock holmes, watson, enquete, suspens, adaptation, conan doyle
06.10.2009
Le puits des histoires perdus de Jasper Fforde

Dans ses deux précédents romans ICI et LA , Fforde a créé un univers loufoque dans lequel les personnages des romans peuvent se transporter dans le monde réel et vice versa. Je retrouve avec plaisir Thursday Next, son héroïne attachante qui explore la jurisfiction, toujours sous la protection de Miss Havisham. On y explore la Grande bibliothèque où le chat de Cheshire est bibliothécaire, parcourt le puits des histoires perdus, rencontre des personnages "génériques" , empêche des gramophites d'infecter les romans et négocie avec des spéculateurs qui cherchent de nouvelles créations....
Fforde sort le grand jeu dans ce tome, avec des surprises et des délices à chaque page. Ce roman est plus épisodique que les précedents, avec des scènes allant de la chasse au minotaure, à la romance entre personnages génériques, de la trame d'un autre roman dans lequel Thusday joue un rôle , à la gréve des personnages de contes, ou encore à une réunion sur la gestion de la colére dans Wuthering Heights (un vrai régal cette scéne). Fforde a la grandiose capacité de libérer l'imagination tout en restant impliquée dans son monde littéraire pleins de possibilités infinies et exquises. Empli de satire, parodie, calembours, plaisanteries littéraires et jeux de mots, ce roman offre des heures de divertissement à ses lecteurs!
Fforde a créé et développe avec brio un nouvel univers imaginative, un endroit qui est rempli d'une multitude de curiosités et de références aux classiques de la littérature. Le puits des histoires perdus est un plaisir pour les amoureux des livres, avec ses allusions satiriques à des œuvres classiques comme «Anna Karénine», «Lord Jim», «Les Voyages de Gulliver» ou encore «Moby Dick». Il rend à la fois hommage tout en détournant ses grands classiques et en gardant son humour et son esprit qui sont un régal à lire. Thursday est de plus un personnage aimable à laquelle on s'attache au fil de cette série délicieuse, inventive, et intelligente!

22:36 Publié dans Litterature anglaise | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : fforde, thursday next, série, suspens, one tree hill, lucas scott, blair waldorf
14.09.2009
La reine des lectrices d'Alan Bennett

En courant après son chien, la Reine découvre un bibliobus, garé devant ses cuisines à Windsor. Elle fait alors la connaissance de Seakins Norman, un jeune homme qui travaille en cuisine et dont les principaux intérêts sont les livres et la photographie. Se sentant obligés d'emprunter un livre, la Reine choisit un roman, avec l'intention de revenir la semaine suivante. Presque immédiatement, la vie change au palais. Cette nuit-là, avec le président de la France assis à côté d'elle à dîner, la reine abandonne sa conversation habituelle et lui parle de Jean Genet! Comme la reine étend sa lecture sous la direction de Norman, elle devient moins intéressée par ses activités courantes, en arrivant même à la fin de l'ouverture du Parlement parce qu'elle a oublié son livre....
Dans ce roman délicieux, Alan Bennett explore la lecture, l'écriture, et leurs effets sur nos vies tout en développant cette imaginative et humoristique scénario. Bien que l'éponyme «Uncommon Reader» est la reine, ses réactions face à la lecture sont si fidèles à notre vie et si plausible que Bennett accomplit un exploit; il incite le lecteur à s'identifier à la Reine. L'humour de Bennet se situe à la fine ligne qu'il crée entre la réalité et l'absurdité. Il conserve un humour discret, évoquant des images qui permettent au lecteur de découvrir une ironie tellement drôle tout au long du roman. L'une des choses qui m'a le plus plu dans ce livre est le portrait sympathique et affectueux de Sa Majesté. La reine de Bennett est réfléchi, avide d'apprendre, et dans l'ensemble une personnalité assez attachante.
![861book-page-caixa1_queen_l[1].jpg](http://leslivresderory.hautetfort.com/media/02/02/1032218559.jpg)
Et juste au moment où le lecteur pourrait se demander comment Bennett va clore ce livre, il nous surprend avec une fin absolument parfaite, qui aura lieu au quatre-vingtième anniversaire de la Reine. Car la lecture, n'est ce pas un peu de la remise en question? En découvrant d'autres lieux, époques ou cultures, on s'interroge, on doute et on apprend (tout en se divertissant of course!) Les livres, dans le fond, est aussi un moyen d'ouvrir les yeux, une sorte d'éveil sur le monde mais aussi sur les autres et plus important sur nous même. J'ai adoré que Bennet montre la lecture comme une remise en question. Je pense que toute personne qui aime la lecture et apprécie le pouvoir des livres pourront observer de près at apprécier les progrès royaux de la reine dans ces pages.

10:11 Publié dans Litterature anglaise | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : litterature, anglaise, la reine, marie antoinette, humour, british, ironie, passion, lecture
01.09.2009
Femmes et Filles d'Elizabeth Gaskell

J'ai beaucoup aimé Nord et Sud de Gaskell mais Femmes et filles est vraiment un livre à part. Elle y dépeint des êtres humains, avec des sentiments complexes, alliant de bonnes et mauvaises actions. Gaskell a vraiment un don, elle parvient à dépeindre toute une communauté sans perdre sa légèreté de ton.
Ce roman d'amour sur fond de scandales et d'intrigues se déroule dans l'Angleterre rurale de la fin des années 1820. Il met en scène Molly, la fille rebelle d'un médecin de campagne, les aristocrates locaux qui, depuis l'imposant château de Cumnor Towers, règnent en maîtres absolus sur ce coin perdu des Midlands, les notables, les domestiques, les paysans, les animaux mais c'est avant tout la nature humaine dans la toute-puissance de ses pulsions et de ses désirs si impitoyablement réprimés par la société victorienne qu'Elizabeth Gaskell place au centre de la trame. Avec un art de la subversion qui lui est propre et une sensualité envoûtante elle nous transporte dans un univers bruissant de robes en taffetas et de commérages meurtriers, de hennissements de chevaux et de soupirs d'amour, où les femmes et les hommes sont aux prises avec l'ordinaire mystère de la vie. "Il s'agit de l'amour, comment il apparaît, comment il grandit, comment il peut briser nos cœurs ou nous rendre heureux ; il s'agit des erreurs que nous faisons et des secrets que nous devons garder..." La délicatesse de son ton et sa subtilité psychologique élèvent Elizabeth Gaskell au rang des plus grands écrivains et - malgré le siècle qui nous sépare - nous rendent son œuvre d'une intime proximité.

Il y a tant d'exemples dans lesquels Gaskell aurait pu prendre la solution de facilité. Par exemple, prenons ses personnages principaux: Molly, Cynthia, Roger et Osborne. Osborne est sensé être plus brillant que Roger, Cynthia est plus belle et moins morale que Molly. Ce serait si facile pour Gaskell de faire de Cynthia, la demi-soeur sournoise et d'Osborne, le frère dissolu que tout lecteur aime détester. Pourtant, Cynthia et Osborne sont sympathiques malgré leurs défauts, et les deux sont complexes. Nous comprenons pourquoi Molly ne peut s'empêcher d'aimer Cynthia, alors même que celle-ci éloigne Roger d'elle. Mme Kirkpatrick (la belle mére de Molly et donc mére de Cynthia) est un autre personnage admirablement tirée, elle semble au début devenir la marâtre d'un conte de fée, mais elle est simplement faible, vaine, et pas très brillante. Elle a bien l'intention d'être une belle-mère merveilleuse, mais elle est trop superficielle et égocentrique pour comprendre Molly. Fille de médecin, elle est une fille intelligente, un peu maladroite, avec une enfance heureuse derrière elle, mais cela ne signifie pas qu'elle est ennuyeuse. Elle a une vie affective très vive et elle est très perspicace. Personne ne peut résister au charme doux de Molly et à ses joutes verbaux avec Mme Kirkpatrick. De même que j'ai une affection particuliére pour Lady Harriet, cette femme du monde juste et clairvoyante.

Le récit en lui-même est passionnant, surtout vers la fin du livre quand les événements atteignent leur point culminant. Il ya des rebondissements passionnants et des détours dans l'intrigue. C'est là où brille Gaskell, elle construit avec de petites parcelles une histoire complexe. Elle est de plus brillante pour évoquer des images mentales chez le lecteur. Certaines de ses descriptions de la campagne anglaise, avec ses plantes, ses cultures et ses saisons sont trés belles.
Femmes et filles est une lecture agréable et l'intrigue se déplace sur un rythme soutenu. Peut-être cela est dû aux exigences de la sérialisation (Ce livre etait publié en épisodes) Même si il prend fin prématurément (dû à la mort de l'auteure) au moins il se termine sur une phrase excellente.... J'ai vraiment apprécié la lecture de ce livre et je le recommande fortement à toute personne qui veut lire un roman bien écrit et prenant. Outre les personnages principaux, le roman est plein de personnages très intéressants et sont tous présentés d'une facon qui les rend proches et attachants. Même Mme Gibson et Lady Cumnor, qui sont méchantes et égoïstes, réclameront votre sympathie à un certain moment; parce que l'auteur a la possibilité de présenter ses personnages de facon humaine. Elle a une façon incroyable de décrire les gens ordinaires. Le livre donne également des indications précieuses sur les attitudes et les modes de vie au début du XIXe siècle. J'ai adoré mon voyage à Hollingford, la petite ville où se passe l'histoire... J'ai trés envie de revoir la superbe adaptation maintenant!

10:01 Publié dans Litterature anglaise | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : littérature, anglaise, gaskell, romance, relation mére fille, classique, coup de coeur
28.08.2009
La foire aux vanités de William Makepeace Thackeray

Ce livre était dans ma PAL depuis un bon petit moment et je me suis régalée! Son épaisseur n'est pas pour moi un handicap, il se savoure. Le styles, les personnages, l'action, tout y est parfait. Un classique fabuleux!
Grâce à la galerie de personnages, nous découvrons l'avidité et l'hypocrisie omniprésentes au sein de l'empire britannique au XIXème siècle. Jos Sedley, l'ex collecteur, le malheureux Rawdon Crawley, George Osborne et bien sur l'immoral, et pleine de ressources Becky Sharpe sont quelques-uns des personnages les plus vives de l'écriture anglaise. La voix du narrateur est ici beaucoup plus inventive et intervient souvent dans lle récit. Elle commente ironiquement le récit et les actions des personnages. Thackeray reste pourtant flou sur la position du narrateur concernant la morale, il prend tout d'un ton ironique et presque détaché. Il a de plus un style trés vivant, la description de la bataille de Waterloo est l'un des passages les plus marquants du roman. Il est difficile de croire qu'il n'y était pourtant pas.
La cupidité, la jalousie, l'hypocrisie et la tromperie siégent au cœur de La foire aux vanités. Roman sous titré, "un roman sans héros" , l'auteur y demolit impitoyablement les prétentions et les défauts de la classe supérieure tout au long de son roman. Le résultat est une satire sociale glorieusement spirituel. Il s'ouvre avec deux jeunes femmes sur le départ : la terne et douce Amelia (riche) et l'ardent esprit vif de Rebecca (pauvre). Becky Sharp est une arriviste implacable, et son ambition est bien sur de s'élever socialement. Elle courtise donc en premier le frére d'Amélia .....

Comme la plupart des écrivains du XIXe siècle, Thackeray a un style très dense et formel mais une fois qu'on s'y habitue, son écriture devient follement drôle. Bons mots et plaisanteries jonchent les pages. Au début, Thackeray semble incroyablement cynique (Becky est presque toujours la cible ou la cause), mais pris comme une satire sociale, il est plus facile de comprendre pourquoi il était si cynique sur la société de l'époque. Becky Sharp est l'anti-héroïne par excellence: elle est très avare et froide, mais elle est également si intelligente et déterminée qu'il est difficile de ne pas avoir une certaine sympathie pour elle (ca n'engage que moi bien sûr). De plus, la vie n'a pas vraiment été juste avec elle. A côté de Becky, un personnage comme Amelia est assez ennuyeux, et même George devient sans nuances.
Bref, un livre que j'ai fait durer, que j'ai savouré, apprecié et qui reste un classique magnifique pour moi!

11:19 Publié dans Litterature anglaise | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : litterature, anglaise, classique, la foire aux vanités, emily blunt, gossip girl, blair et chuck, leigton meester, elle
26.06.2009
Délivrez moi! de Jasper Fforde
![Andy-Sachs-the-devil-wears-prada-204947_929_1400[1].jpg](http://leslivresderory.hautetfort.com/media/00/00/391486304.jpg)
Après la lecture de L'affaire Jane Eyre, le premier livre de la série Thursday Next de Fforde, j'ai été conquise par son univers. J'ai aimé les personnages et adoré l'idée d'un monde différent, où la littérature est une passion générale et où certains personnages font des sauts dans les livres et interagissent avec de nombreux personnages de la littérature. Tellement emballée que j'ai eu un peu peur de lire la suite, Délivrez moi! Je me suis demandé comment diable Fforde pourrait écrire un autre livre aussi bon que le premier. Eh bien, il l'a fait!
Délivrez moi! reprend les mêmes personnages, mais avec de nouvelles situations et développements qui rendent l'histoire beaucoup plus riche. Thursday Next est toujours Op-Spec 27 mais elle est désormais une célébrité, et elle doit faire face à cela, ce qui est assez difficile pour elle. Comme si cela ne suffisait pas, la Goliath Corporation monte un chantage pour qu'elle raméne Maird (piégé dans l'un des poèmes de Poe). Comme elle reste indifférente aux menaces, et à l'argent qu'il lui offre, ils éradique son mari (à l'âge de deux ans) avec l'aide d'un Chronogarde corrompu, promettant de le ramener une fois Maird délivré. Mais comment faire sans le portail de la Prose qui, auparavant, l'avait aidée à se transposer dans les livres?
Ce livre enrichit vraiment l'univers de Fforde, le rendant plus complexe et fascinant et ne se borne donc pas à répéter les choses qui ont déjà été dites dans le premier tome. On en apprend plus sur Thursday Next (une héroine magnifique!) et son monde. L'idée que le monde de fiction et le monde réel sont intrinsèquement liés et que Next est l'un des liens m'a vraiment epoustouflé! De plus, Fforde a le don de rendre "la grande littérature" plus accessible même pour les néophytes. En outre, comme dans le premier livre, c'est un triomphe de style à l'aide de personnages connus de la littérature classique, leur donnant encore plus de profondeur que dans l'oeuvre originale. Ils font pour la plupart partie de la blague ou du décor. On y retrouve notamment Miss Havisham , personnage créé par Dickens dans Les grandes Espérances. Il est très intéressant de voir Next interagir avec Havisham, Pip ou Estella, dans le cadre du livre ou en dehors. Ces personnages savent qu'ils sont des personnages de fiction , ils récitent leur texte quand une personne lit l'oeuvre et ensuite ils reprennent leur vie! C'est presque le parfait mélange entre la littérature classique et la fiction d'aujourd'hui.
La qualité de l'écriture n'est jamais plus apparent que lorsque les personnages d'autres romans se trouve étoffés sous la plume de Fforde: Miss Havisham, pilote de rallye; les énigmes du chat de Cheshire; un procés absurde digne de celui de Kafka ou encore le voile levé sur l'origine de la fortune d'Heatcliff (des Hauts de Hurlevent). En bref ce livre est inventif, complétement délirant et culte pour moi! Je viens juste de commander la suite!!! J'ai hâte!!!

10:16 Publié dans Litterature anglaise | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : littérature, fantastique, angleterre, thursday next, culte, livres, devil wears in prada
08.06.2009
Le portrait de Dorian Gray d'Oscar Wilde

Ce roman brut et sophistiqué est l'histoire de l'éternel désir de jeunesse, de la vanité et la frivolité humaines et des dangers de jouer avec les lois de la vie. Dorian Gray est beau, charmant et irrésistible. Quand son ami Basil Hallward peint son portrait, Gray exprime le souhait qu'il puisse rester toujours aussi jeune et charmant que le portrait. Dépravé par son ami Henry Wotton, peut-être le meilleur personnage du livre, Gray découvre une vie de totale perversion et de péché. Mais, chaque fois qu'il commet des péchés, le portrait vieillit, alors que Gray reste jeune et en bonne santé. Les petites lignes et les plis apparaissent pour la première fois dans le portrait après qu' il brise le cœur d'une malheureuse et jeune actrice qui se suicide de désespoir, le premier vrai signe d'horreur et de sang se manifestent sur son portrait. Son amour pour Sibyl Vane est une sordide et déchirante histoire et il marque le début de sa descente vers la débauche. Il fréquente les fumeries d'opium et les maisons de mauvaise réputation tandis que l'influence de Henry grandit. Il cache son portrait grotesque de plus en plus loin dans une chambre du haut, en tremblant à l'idée que quelqu'un découvre son secret. Sa vie n'est plus qu'un tourbillon de sexe, de mensonges, de scandales et de crime...
Wilde, un homme du monde qui ressemble vaguement à Dorian Gray, a écrit ce chef-d'oeuvre, empreint d'humour sombre. Il s'agit d'une vue ironique de la vanité, du désir superflu. Gray est un homme détruit par sa beauté, à qui un pouvoir magique et inconnu permet de contempler dans son portrait tous les traces de ses vices. L'amour devient la convoitise charnelle; la passion devient crime. L'esprit et le sarcasme de Wilde clament que le monde est dangereux pour l'âme, lorsque ses règles ne sont pas respectées. Mais, ce roman n'est pas du tout un récit moralisateur. C'est une féroce exposition de tous les mauvais côté de l'âme humaine, sans aucune complaisance.
Le portrait de Dorian Gray est un livre hypnotique dominée par deux personnalités étonnantes. Dorian Gray est certainement intéressant, mais j'ai été beaucoup plus impressionné par son ami et mentor Lord Henry Wotton. C'est celui-ci qui conduit Dorian à sa chute en le convaincant que perdre sa jeunesse et sa beauté seraient plus que tragique. Il y a peu de personnage dans la littérature qui soit aussi décadent, plein d'esprit, et quelque peu enchanteur comme Lord Henry peut l'être. Il n'est jamais à court de mots et de discours; fataliste, ses observations de la vie et des gens sont toujours sarcastiques. Son charme est redoutable et c'est pourquoi il est trés apprécié en société. Il n'est donc pas étonnant que Dorian tombe immédiatement sous son charme, persuadé de devoir vivre au maximum et profiter de sa jeunesse et de la beauté à chaque instants. J'ai adoré ce personnage de mauvais génie, Lord Henry est impressionnant de par ses discours enflammés et sa répartie.
Bref, le portrait de Dorian Gray est le premier livre que je découvre de Wilde et il m'a vraiment époustouflé!

09:31 Publié dans Litterature anglaise | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : gossip girl, littérature, fantastique, angleterre, audrey hepburn
21.05.2009
Au temps du roi Edouard de Vita Sackville-West

Ce livre plonge le lecteur dans un milieu aristocratique, milieu dans lequel l'auteur est née mais c'est surtout un riche mélange de nostalgie sentimentale pour un monde qui a pratiquement disparu au moment où elle est venue pour l'écrire, et une analyse critique de quelques-unes des raisons pour lesquelles cette disparition a eu lieu . Les principaux personnages sont d'une seule grande famille: Lucy une veuve baronne, Sebastian son jeune fils et duc, sa soeur, Viola, et la glamour Lady Roehampton qui devient la maîtresse de Sebastien. Mais le personnage principal est la maison élisabéthain où ils vivent, entretenue sa petite armée de fonctionnaires. L'auteur y divise habillement les tensions entre les personnalités et opinions de ses personnages, renforcés par les sceptiques extérieurs telles que l'explorateur Leonard Anquetil qui voit toute la futilité et l'inutilité de ces vies privilégiées.
Ce livre a été une belle découverte. L'écriture y est élégante, bien rythmée et pleine d'esprit. La seule intrigue est les vains efforts de Sebastien pour tenter de se libérer du poids de la tradition sous laquelle la Chambre, le Domaine, sa Famille l'engloutisse progressivement. La classe sociale dont il est issu sent sa fin proche et tente de se préserver par le biais de la propriété , le mariage ou la succession. West fait une satire réaliste de ses jeunes gens qui ont un avenir déja tout tracé selon leur naissance et auquel ils ne peuvent échapper, se sentant piéger.
Au temps du roi Edouard offre une belle leçon: il décrit non seulement les détails de la vie des personnes de rang inférieur, que les moyens de transport qui changent, mais aussi toute l'hypocrisie de ces gens proches du pouvoir royal. Vita Sackville- West a été elle-même une snob aristocratique, mais ce roman est la preuve que les auteurs doués peuvent dépasser les limites de leur milieu pour créer une image du monde qui est riche, complexe et même capable d'exprimer d'autres opinions. Une auteure que je compte bien continuer à découvrir.
![Blair-3-blair-waldorf-5004839-600-338[1].jpg](http://leslivresderory.hautetfort.com/media/00/00/365130254.jpg)
11:50 Publié dans Litterature anglaise | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : littérature, angleterre, romance
18.05.2009
Auprés de moi toujours de Kazuo Ishiguro

Situé dans les années 1990, ce calme et inquiétant roman de Kazuo Ishiguro a pour but de questionner ses lecteurs. Je vais essayer de rester assez vague pour ne pas dévoiler une partie de l'intrigue.
Le narrateur de Auprés de moi toujours est Kathy H., une femme qui se présente comme un "accompagnateur", étape avant de devenir un «donneur», comme si nous devons savoir ce que ces termes signifient. Au croisement de ses deux étapes, elle fait le bilan de sa vie en se remémorant Hailsham, une école dans la campagne anglaise, où elle a grandi avec ses deux plus proches amis, Tommy et Ruth. Les trois forment un trio improbable: Ruth est têtu et imaginative; Tommy est d'une colère incontrôlable, et Kathy est la plus stable et aussi la plus attentive envers les autres. C'est cette dernière qualité de Kathy qui donne le ton du roman. Tout est dit avec précision dans un continuel questionnement pour comprendre ce qui se cache sous la surface des conversations, derriére cette simple histoire d'amitié entre amis d'enfance.
On découvre un milieu différent avec ses acteurs (les aidants, les gardiens) et ses codes (les échanges, la galerie). Alors qu'ils grandissent, ils commencent à faire face à des moments plus importants que les désaccords mineurs de l'enfance...

Kathy est comme le lecteur, les gardiens refusent de leur dire la vérité ou élude les questions. C'est donc à ses côtés qu'on découvre la vérité. La vérité est distillé à travers le roman, obligeant le lecteur à comprendre ce qui est implicite, autant que ce qui est dit. Tout comme le majordome Stevens (dans Les vestiges du jour) s'est consacré sans réfléchir et sans discernement à la minutie de la vie quotidienne, au nom de son maître, Lord Darlington, les personnages principaux d'Ishiguro dans ce livre se concentrent sur la pertinence de petits détails et les petits malheurs de leur vie sans jamais en contempler l'ensemble. Dans les deux cas, l'auteur évoque non seulement la question du sens de la vie, mais invite aussi à contempler le drame d'une vie perdue.
Auprés de moi toujours est un roman d'une incroyable puissance. Le rythme peut sembler lent et les détails semblent insignifiants, mais les lecteurs patients seront récompensés de leurs efforts avec une conclusion qui donne à réfléchir. Ishiguro excelle à créer un univers et à instaurer un climat. Ce livre nous met en garde contre les maux qui se cachent derrière la banalité de la science. A méditer donc!
Une adaptation avec Keira Knightley est en cours de tournage. Plus de détails dans cet article mais attention, il révéle une partie de l'histoire.

09:06 Publié dans Litterature anglaise | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : littérature, romance, fantastique
02.05.2009
L'affaire Jane Eyre de Jasper Fforde

Je viens de finir L'affaire Jane Eyre et j'ai vraiment adoré. Tous les bons échos que j'ai entendu sont amplement justifiés! Avec ce livre, Fforde nous emmène dans une version surréaliste de la Grande-Bretagne, au cours de l'année 1985. Nous pouvons reconnaître certains aspects de notre monde, mais pas tous. Par exemple, dans le monde de l'auteur, la technologie est beaucoup plus avancée (il est acceptable de cloner des animaux éteints et de les avoir comme animaux de compagnie), la guerre de Crimée ne s'arrête pas et tout le monde aime la littérature. On pourrait dire que la littérature est pour eux ce que le sport est pour certains: une passion nationale. Il y a donc beaucoup de referénces littéraires dans ce livre, toujours placées de maniére intelligente et imprévu. Un petit exemple? Les gens ont la possibilité de changer leurs noms afin de porter le nom d'un célèbre auteur, ils sont tellement nombreux qu'on les numérote pour éviter les confusions. De mon point de vue, les constantes, manifestes ou implicites références à la littérature (livres ou personnages) constituent l'un des charmes de ce livre.
Quoi qu'il en soit, dans ce monde, il existe un réseau d'opérations spéciales, chacun avec un rôle défini (Chronogarde, anterrorisme...). Thursday Next est un OpSpecs 27 car elle se spécialise dans les problèmes liés à la littérature, comme les plagiats ou les faux manuscrits. Ils portent le nom de Litteratecs. Thursday est intelligente et volontaire, forte mais aussi vulnérable, et elle a un sens de l'humour, que je trouve agréable. Thursday commence à s'ennuyer dans son travail, en raison du fait qu'elle le trouve trop routinier. Cependant, quelque chose va se produire qui va venir tout bouleverser. Elle obtient une promotion et part à la recherche d'Achéron Hadès, son ancien professeur qui a volé le manuscrit original de Martin Chuzzlewit et tué l'un des personnages, ce qui modifie l'histoire à jamais. Thursday et les Litteratecs tentent alors de le stopper... Comme tous les bon héros, Thursday cache des blessures que l'on découvre au fil du roman, notamment la perte de son frére en Crimée et la "trahison" de Landen, l'amour de sa vie. Son enquête la raméne vers sa ville natale, Swindon où elle devra faire face à son passé.

Dès lors, le lecteur va accompagner l'agent dans son enquête. Je peux vous garantir une chose: vous ne vous ennuyez pas une seconde. L'intrigue est pleine d'imprévus et certains personnages ne sont pas seulement atypique mais aussi mystifiant. J'ai beaucoup aimé les personnages secondaires comme l'oncle inventeur de Thursday, son pére capable de voyager dans le temps ou Spike, le chasseur de loup-garous et vampires. Fforde enrichit son univers de personnages plus loufoques les uns que les autres. Le style de Fforde et l'univers qu'il a su créer sont excentriques et fantasques, mais j'ai adoré. Jasper Fforde a une imagination riche, un solide sens de l'humour et une profonde connaissance de la littérature qui donnent forme et substance à ce livre hilarant. Il combine les personnages de ses romans avec ceux d'autres romans tout en étant fidéle au caractére de ces personnages voulu par les vrais auteurs tels Dickens ou Charlotte Bronte. Il y mélange jeux de mots, ironie, humour littéraire et satire.
Si vous n'avez pas lu Jane Eyre récemment, votre plaisir dans ce livre sera grandement amélioré si vous voulez retrouver pour un moment Jane et son Rochester. Dans le monde de Thursday , la fin de Jane Eyre est différente. En effet, Jane part en Inde avec St John et ne retrouve jamais Rochester.Le dénouement final et la maniére dont la fin de Jane Eyre se modifie sont vraiment bien construits. L'idée d'un tourisme littéraire m'a aussi beaucoup plu, j'adorais découvrir le Pemberley de Darcy! J'aime l'idée qu'un livre vit indépendamment de son auteur et de ses lecteurs. Fforde nous montre l'envers des livres et c'est jouissif! Sans aucun doute, je continuerai à lire cette série que je trouve excellente!
11:14 Publié dans Litterature anglaise | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : littérature, fantastique, felicity, thursday next














































































































